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 Ô saisons, ô châteaux .. [PV Andréas]

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Crystal A. Blake

Messages : 177
Date d'inscription : 01/09/2014

MessageSujet: Ô saisons, ô châteaux .. [PV Andréas]   Mer 3 Sep - 23:26




Ô saisons,

Crystal A. Blake & Andreas E. Dawkins
ô châteaux






Que nous proposait Septembre? Son mouvement, son rythme, ses renouveaux.
Et pourtant à chaque fois, la même mélancolie qui nous attrapait au cœur.
Qui n'a jamais ressenti, cette solitude et ce soulagement qu'offre le soleil qui se profile à travers les carreaux ou le feuillage. La nature qui s'apaise tout doucement d'un été flamboyant. Elle reprends la mélodie du temps et nous offre pour quelques instants, des moments éternels.
Si j'avais eu l'oreille musicale, je suis sur que cette saison qui commence, m'aurait énormément inspirée.
Mais chaque année pour moi, le même sentiment. Un vide à combler. Ma main et mon crayon qui griffonne, son sourire, sa chevelure, ses yeux. Pour te faire vivre cette rentrée avec moi.
Je me souviens qu'un jour papa m'a dit: "Maman te lisait de la poésie dans une langue que tu ne connaissais pas encore à l'époque. Et le sourire que tu lui offrais malgré l'incompréhension de qu'elle te racontait, la transcendait. Elle savait que les mots, les phrases et leurs mélopées venaient toucher ton âme et s'y déposer comme les feuilles au sol à l'automne"
Ma mère avait compris que derrière mon sourire, il y aurait toujours cette possibilité de ressentir les choses différemment.
Je voyais souvent, pour les autres, les bons ou les mauvais signes qui leur étaient destinés, j'étais très observatrice. Mais je ne voyais jamais aucun signe pour moi, pour la simple et bonne raison qu'il n'y en avait pas.
Je prenais plaisir à partager de nombreux moments entre amies. A notre âge, rien de plus normal. Mais les années passaient, et même si j'allais fêter mes dix neuf ans dans quelques mois, j'avais parfois ce sentiment d'être plus vieille, plus sereine.
Comme si chaque année, je m'assagissais un peu plus.
Mes études pour lesquelles je prenais énormément de temps, à en parfois délaisser les soirées, me plaisaient. Je voulais devenir graphologue et je me donnerai tout les moyens d'y arriver. A commencer par étudier, encore et encore, des après-midi à la bibliothèque.
L'on reprenait le rythme scolaire.
Le soir, la bibliothèque offrait à qui le souhaite, la possibilité d'étudier jusqu'à vingt-deux heures. J'adorais ce créneau tardif, il y a beaucoup moins de monde et je pouvais plonger dans les livres en toute tranquillité.
Je prends soin de prévenir mon père, que je ne serais pas de retour de suite, pour ne pas qu'il s'inquiète. Et je pars à la chasse aux livres.
Je compose ma pile quasiment tout le temps de cette façon, de livres pour étudier, d'autres pour rêver, ou d'autres encore, pour je ne sais qu'elle raison.

Je commence donc par prolonger mon enseignement ou faire mes devoirs, puis je m'autorise la lecture d'une revue, et je finie bien souvent par un sujet complètement aléatoire, dans les nouveautés que propose la bibliothèque.
J'effraye souvent les gens assis à la table en face, quand ils voient la hauteur des ouvrages que j'empile face à moi.
Ces derniers temps, j'étais à la recherche de documents ou de livres relatant des expériences ou des témoignages en lien avec ce que je pouvais faire.
Des gens qui auraient le même don que moi, et qui en aurait écrit quelque chose.
Je cherchais sans chercher, et bien souvent, après consultation et lecture du monticule de livres que j'avais disposé devant moi, je prenais le chemin inverse pour remettre les livres à leur place dans les rayons. Épreuve somme toute foi difficile: je ne voyais quasiment rien vu la hauteur de la pile de livre que je tenais dans les bras.

Ce qui devait arriver, arriva, dans mon parcours à l'aveuglette, je suis entrée de plein fouet dans quelqu'un, qui se trouvait là. Dans le rayon "littérature étrangère". Du moins c'est ce que je pouvais lire depuis le sol. La collision m'avait faite tomber, mes livres avec moi.
Éparpillée sur les sol avec mes bouquins, j'étais confuse.
Je n'osais lever les yeux, tout en essayant de regrouper mes livres.
Un livre qui n'était pas un des miens avant la collision attira mon attention.
Et toujours assise par terre, je levais les yeux pour adresser à la victime de ma maladresse, mon plus beau sourire et mes plus plates excuses.
C'était un jeune homme, châtain, aux cheveux mi-long, qui paraissait aussi gêné que moi de cet accident. Ce garçon dont la candeur me frappa à l'âme comme au cœur. Je pris un instant pour noter chacun de ses traits. Il ne me semblait pas inconnu et pourtant..
Dans mon dernier élan de fierté, j'essaya de rattraper ma bourde en lui disant:

"En vous priant d'excuser ma maladresse, mais ce charme ! Il prit âme et corps, et dispersa tous efforts."

J'espérais que le Rimbaud trouvé au sol parmi mes livres, lui appartenait et qu'il comprendrait ma petite note pour détendre au moins l'ambiance timide qu'avait engendrée cette rencontre un peu brusque.




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Andreas E. Dawkins

Messages : 35
Date d'inscription : 30/08/2014

MessageSujet: Re: Ô saisons, ô châteaux .. [PV Andréas]   Jeu 4 Sep - 23:46




Ô saisons,

Crystal A. Blake & Andreas E. Dawkins
ô châteaux



Installé sur le fauteuil de mon salon, les jambes croisées en tailleur, j’observe les étagères en face de moi. J’y ai entassé tellement de livre que je suis en train de me demander quel outil il me faudra utiliser pour pouvoir extraire ne serait-ce qu’un ouvrage sans avoir à tout sortir. Cela dit, si j’use d’outils, je risque d’abîmer les couvertures, et je ne supporte pas les couvertures abîmées, à chaque fois je change les livres qui ont une couverture ou des pages abîmées. Non, je ne jette pas les ouvrages que je ne garde pas, j’en fais don aux bibliothèques. Ce serait un crime de jeter un livre.
Il n’est pas tard, j’ai terminé mes cours de bonne heure aujourd’hui et mes prochains cours sont déjà près… pour plusieurs semaines même, j’ai eu du temps de libre cet été. J’ai toujours du temps de libre l’été. Je ne sors pas l’été. Le soleil est gênant, je préfère rester chez moi puisque je n’ai pas de cours. Et comme la rentrée est juste arrivée, je n’ai pas encore de copie à corriger, j’en aurai bientôt, mais pas encore. Donc j’ai du temps libre, et je ne sais pas quoi. Enfin si, je pourrais lire, mais on en revient au même problème, comment sortir un livre de là-dedans. Je devrais investir dans de nouvelles étagères sans doute, puisque je ne supporte pas de laisser les livres trainer sur le sol. Ce serait un crime de laisser un livre sur le sol.

Je soupire et renverse la tête contre le dossier du fauteuil. Je devrais sortir, ça fait longtemps que je ne suis pas allé à la bibliothèque municipale, les sections sont plutôt bien remplies, je devrais pouvoir trouver des livres à emprunter, sur le long terme ce sera moins encombrant.
Je me lève donc et me prépare à sortir puis je file à la bibliothèque. Elle n’est pas tout près mais comme je n’aime pas prendre le bus je m’y rends à pieds. J’ai l’habitude de toute façon.

Le trajet me prend une vingtaine de minutes, il commence déjà à faire nuit, je vais rentrer dans le noir, génial, j’adore ça. Je salue la bibliothécaire en entrant et file à la littérature étrangère. En passant je pose mon sac sur ma table habituelle, que le personnel a fini par me réserver officiellement après quelques altercations que j’ai pu avoir avec des jeunes et des moins jeunes qui ne comprenaient pas c’est ma place ! C’est pourtant pas difficile à comprendre, surtout qu’il y a toujours plein de places libres, ce n’est pas comme si la bibliothèque était perpétuellement bondée, alors pourquoi prenaient-ils toujours ma place !? Enfin maintenant je n’ai plus ce problème.

J’aime cette bibliothèque. Contrairement à celle où je travaillais en Floride, il n’y avait pas de poussière partout. Souvent, les sections qui ne sont pas souvent consultées se retrouvent abandonnées, mais personnellement j’ai le chic pour m’intéresser auxdites sections et à devoir me retrouver avec des livres poussiéreux. Et j’éternuais ensuite pendant trois jours.
Je suis à la poésie français quand Poésies d’Arthur Rimbaud me saute aux yeux. Naturellement je le sors de sa place. Cela fait longtemps que je n’ai pas lu de poésie française. Cela me fait penser qu’en dehors des Fleurs du Mal je n’ai aucun recueil. Il va falloir que je change ça, de quoi étrenner mes nouvelles étagères.
Restant sur place, je commence à feuilleter le recueil, mauvaise idée car après quelques minutes l’on vient me déranger. Que dis-je, me déranger ? Non, je suis tellement pris dans ma lecture que lorsque la personne me bouscule, je me cogne contre l’étagère et en échappe mon livre. Je reste sonné un instant et porte une main à ma tête, puis je baisse les yeux pour apercevoir une demoiselle à étendue au milieu d’une quantité impressionnante d’ouvrages. Je me sens néanmoins tiquer en les voyant éparpillés sur le sol. Je suis sur le point de me pencher pour ramasser mais elle me coupe avant que j’esquisse le moindre geste.

« En vous priant d'excuser ma maladresse, mais ce charme ! Il prit âme et corps, et dispersa tous efforts. »

Je hausse les sourcils, étonné qu’une jeune fille aussi jeune connaisse Rimbaud au point de citer l’un de ses vers. Je ne peux m’empêcher d’esquisser un petit sourire et de lui rétorquer :

« Que comprendre à ma parole ? Il fait qu'elle fuie et vole ! Ô saisons, ô châteaux ! »

Je m’agenouille par terre pour reprendre les livres, je récupère en premier le mien que je pose sur la première étagère, puis je commence à empiler les ouvrages de la demoiselle, lisant rapidement les titres et m’assurant qu’aucune page n’a souffert de la chute. Les sujets sont si divers que j’en déduis rapidement qu’elle doit être étudiante, quoi que les revues sur les chiens ne doivent pas faire partie de son programme d’études. Ce serait étrange, que pourrait-on faire avec un dalmatien, des enluminures, de la calligraphie et des courbes ? Mais je m’égare.

« Tu devrais faire attention avec ces livres, même si cela prend du temps de les ranger, il vaut mieux que tu en prennes moins et que tu fasses plusieurs tours. Regarde, tu tombes si tu as les bras encombrés. Tu pourrais abîmer les livres, ce serait dommage. »

Avec toutes les mains entre lesquelles ils sont passés, ce serait bête qu’ils soient endommagés par quelqu’un qui, visiblement, s’intéresse à eux pour autre chose que se cacher derrière pour parler en toute discrétion ou avoir une excuse pour filer dans un coin sombre.

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Crystal A. Blake

Messages : 177
Date d'inscription : 01/09/2014

MessageSujet: Re: Ô saisons, ô châteaux .. [PV Andréas]   Sam 6 Sep - 10:28




Ô saisons,

Crystal A. Blake & Andreas E. Dawkins
ô châteaux






J'avais visé juste, en plus d'avoir été charmé par son visage, sa voix et sa réponse me troublèrent tout autant. Il avait terminé ma phrase avec toute la classe qu'elle pouvait conférer à quelqu'un qui ne l'utilisait pas par hasard. Il n'était pas dans ce rayon par hasard et c'est tout à son honneur. Combien de personnes avais-je vu, cachées dans ce rayon, à faire semblant de lire pour tuer le temps, qu'on leur imposait de passer à la bibliothèque.
Moi j'adorais les livres, et tout ce qu'il nous apporte. La bibliothèque, un sanctuaire, un échappatoire, un monde à part. J'aime à la concevoir ainsi. La remarque que m'avais adressé cet homme me toucha également: Il fallait prendre soin des livres. Il avait entièrement raison, j'aurais du m'en douter que ma maladresse légendaire me ferait chuter.
Je n'avais cependant pas pensé qu'il y aurait des dommages collatéraux dans tout les camps: livres et humains compris. J'étais vraiment gênée. Je n'étais pas aussi timide en général. Je me serais relevée, en m'excusant, ramassant rapidement mes affaires, pour ne pas me faire remarquer plus par la bibliothécaire et j'aurais disparu. Éclipsée, cachée à l'abri des regards derrière un rayon, téléportée jusque devant la maison.
Mais là, une impression que le temps avait ralenti. De plus en chutant, j'avais essayé de me retenir avec ma main. Réflexe humain complètement inutile il faut se l'accorder.
Mais le choc avait été plus rude que je ne le pensais. Tomber de toute sa hauteur: rien de plus cruel.
J'espérais que les livres n'avaient pas été abîmés dans la chute. je le vis s’agenouiller et il commença à regrouper les ouvrages. En tendant la main pour l'aider, une douleur me lança dans le poignet. Je me le serais foulé, que je ne serais pas étonné.
Je fis une petite grimace malgré moi.
En plus d'être une andouille, face à cet inconnu, il avait le droit à ma panoplie de grimaces.
Elles faisaient souvent rire mon père.

" Je suis vraiment désolé.. Vous avez entièrement raison. J'aurais du faire deux voyages. J'ai pris des risques inutiles. Je ne suis pas fière de moi..."

J'étais toute penaude, il avait terminé de ramasser les livres. Quand je revois leurs couvertures, je demande bien ce qu'il a pu en penser en les ramassant.
Les sujets étaient variés et la logique qui les liait, n'était certainement pas compréhensible sans explications.
La pile de livre posée sur la table, et moi assise sur mes genoux, je pris plaisir à regarder de nouveau l'homme face à moi.
Il était mignon, un charme naturel et candide et semblait plutôt timide.
J'avais l'impression de pouvoir lire dans ses yeux, quelques réflexions qu'il devait se faire sur ce monstre, abîmeur de livre que j'étais.

Toujours à hauteur de sol, je ne quittais pas son regard.

"Je.. Je ne vous ai pas fait mal en vous heurtant j'espère? Je m'en excuse encore, vraiment .. Je m'en voudrais de blesser une des rares personnes qui connaisse aussi bien Rimbaud"

Et voilà, bavarde comme je l'étais, je ne m'arrêtais plus. Le pauvre !
Il devait certainement préférer que je lui fiche la paix. Mais étrangement quelque chose m'intriguait chez lui.
Son charme, son style vestimentaire que j'adorais. Il semblait sorti tout droit des livres que j'adorais lire. Les gentlemans élégants, que j'ai plaisir à retrouver à chacune des lignes de mes lectures.
Et j'eu soudain un drôle de ressenti: celui de ne pas vouloir le voir partir; De pouvoir discuter avec lui. Ne pas sortir de cette bulle de temps que j'avais arrêté par accident.

Je rougi de toutes ces réflexions et je bafouillais timidement:

"Je m'appelle Crystal. Enchantée." essaye-je de lui offrir avec un sourire timide et sincère.




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Andreas E. Dawkins

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MessageSujet: Re: Ô saisons, ô châteaux .. [PV Andréas]   Jeu 11 Sep - 18:33




Ô saisons,

Crystal A. Blake & Andreas E. Dawkins
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Je me mords la lèvre en continuant bien naturellement de récupérer les livres, pas autant pour laisser la demoiselle se remettre de sa chute que pour protéger les livres et avoir une excuse pour ne pas rester les yeux dans les yeux avec une inconnue, ce qui me met toujours très mal à l’aise. Pas que je sois très à l’aise avec le fait d’avoir l’air d’un bibliothécaire irascible qui ne supporte pas que les livres touchent le sol ne serait-ce qu’une fraction de seconde… ce que je suis, cela dit, mais puisqu’ici je ne suis plus bibliothécaire, les gens ne devraient pas connaître cette facette de moi.
Tournant le regard vers la jeune fille un instant, je vois une grimace troubler l’expression de son visage, s’est-elle blessée dans sa chute ?

« Je suis vraiment désolée... Vous avez entièrement raison. J'aurais dû faire deux voyages. J'ai pris des risques inutiles. Je ne suis pas fière de moi... »

Tiens, c’est bien la première fois qu’on ne me renvoie pas sur les roses lorsque je fais ce genre de réflexion, même si je ne comprends jamais bien pourquoi. Ce n’est pas comme si je m’amusais à persécuter les personnes que je croise, mais je suis direct et ça les choque, je ne voie pas pourquoi d’ailleurs, la vérité ne changera pas de forme parce qu’on ne l’énonce pas simplement telle qu’elle est. Enfin.

En revanche, je sens toujours son regard sur moi et, après m’être levé pour poser la totalité des livres sur la table, je me vois dans l’obligation de regarder la demoiselle qui n’a pas bougé d’un iota pour me retrouver dans cette configuration qui ne m’attire pas : me retrouver les yeux dans les yeux avec une inconnue.

« Je... Je ne vous ai pas fait mal en vous heurtant j'espère ? Je m'en excuse encore, vraiment... Je m'en voudrais de blesser une des rares personnes qui connaisse aussi bien Rimbaud. »

De nouveau, je me surprends à sourire. Elle aussi se désole de l’absence de culture qui règne sur la société ? Eh bien, c’est plutôt rare. Et soudain je regrette de l’avoir réprimandée, elle semble aussi attachée aux livres que moi… quoique, peut-être pas autant que moi, mais elle semble savoir les apprécier, donc lui reprocher de ne pas en prendre soin était inutile, et erroné.

« Je m'appelle Crystal. Enchantée. »

Comme elle est toujours au sol, je prends une seconde pour réfléchir si je lui offre ma main pour l’aider à se relever ou non. Si elle la refuse, j’aurai l’air malin, mais en même temps si elle s’est fait mal au bras, mieux vaut que je l’aide à se remettre sur ses pieds. Je devrais peut-être commencer par me présenter à mon tour, pour ne pas avoir l’air de l’ignorer.

« Enchanté également. Je me nomme Andreas. Et ne vous en faites pas, vous ne m’avez pas fait mal, j’ai seulement été un peu surpris. Vous voulez de l’aide pour vous relever ? »

Ce disant je lui tends ma main, en m’appliquant à ne pas lui faire utiliser le bras qu’elle a l’air de s’être supposément blessé en tombant avec les livres, ce ne serait pas très malin de ma part de risque de lui faire faire mal encore un peu plus.

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Crystal A. Blake

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Date d'inscription : 01/09/2014

MessageSujet: Re: Ô saisons, ô châteaux .. [PV Andréas]   Jeu 11 Sep - 22:02




Ô saisons,

Crystal A. Blake & Andreas E. Dawkins
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Toujours au sol. Sûrement bête de restée assise là, mais j’attendais de voir, si mes yeux accrocheraient les siens. Je voulais voir son regard. Il est révélateur de la personne que nous sommes, et je pense que si j’arrivais à le regarder sans le faire fuir, alors je saurais qui il est. Et ça serait une victoire pour nous deux. Car je comprends vite qu’il n’aime pas bien ça. Ma pauvre Crystal, tu enchaînes les mauvais points.
Je ne sais vraiment pas ce qui m’empêche d’agir normalement, je me sens complètement bête, intimidée et je ne fais rien pour fuir.. pourquoi?

En plus d’avoir enfin pu croiser ses beaux yeux marrons, j’ai le droit à un sourire. Ravageur. Victoire fascinante, donnant un tout autre sens à son visage. Comme si une nouvelle faille s’ouvrait pour lui et moi. Une opportunité dont il me faisait grâce.
Je me surprends à tant de réflexion sur un pur inconnu. Est ce que le rayon de la poésie, influerait directement sur ce que je ressens? Étrange ! C’est sûrement ce qu’on appelle la magie des livres. Et je souris à mon tour, il est drôlement mignon par dessus ça.
Et si je me levais, franchement, je ne suis pas une enfant de dix ans. Et lui n’en à pas quinze non plus. Un peu plus que moi, il fait très jeune. Et je suis tellement mauvaise dans l’estimation de l’âge des personnes ! Et bien souvent, je fais la bourde de vexer les gens. Du coup, j’évite d’estimer le sien.
Au grand damne de mon père, je ne fais pas mes dix-huit ans, bien cinq années de plus.

Prête à me lever, il me devance, en me tendant la main. Les bonnes manières se perdent tellement de nos jours, que ce geste ne fait que rajouter de l’admiration à toute celle que je porte déjà  à cet homme que je ne connais pas. Il a des doigts longs et fins, de grands mains, soignées. Il a donc noter ma grimace... oui ! plus un point pour Crystal sur l’échelle de la honte! Il me propose son aide pour me relever pour que je n’ai pas à forcer sur mon poignet. Tout en se présentant: Andreas.
Il ne pouvait lui convenir meilleur prénom. Il lui va à ravir. Comme tout chez lui.
Me voilà à le noyer de compliments, que je n’aurais le courage de lui dire à haute voix.
Pourquoi? Je ne sais pas.. Et j’ai réellement une envie, là tout de suite, c’est de continuer la conversation.
Je prends sa main si gentillement offerte, et me relève maladroitement.
Et mon monde prends de la hauteur, et lui toute sa grandeur.
Ce geste me fait frissonner malgré moi, j’espère qu’il ne l’a pas ressenti.

Je vous remercie Andreas et m’excuse une dernière fois, pour ne pas vous ennuyer plus longtemps avec tout ça.”

Je suis surprise,son prénom conjugué à ma voix, prends un autre sens.
C’est décidé, pleine de courage intérieur, je ne veux pas ça s’arrête là. J’ai envie de parler poésie, maladresse et sourire charmeur.

Vous venez souvent à la bibliothèque? Ahh je suis stupide, je pense que quand on apprécie la poésie, on aime les livres et par déduction, vous devez aimer cet endroit.

Maladresse vous avez dit? c’est mon deuxième prénom, on ne vous l’a jamais dit !

J’y passe beaucoup de temps, surtout en fin de journée, comme maintenant, c’est beaucoup plus calme, et je peux me poser tranquillement. J’allais d’ailleurs, avant de vous heurter, ranger mes livres, et m’installer dans les fauteuils du fond. Je m’y installe pour dessiner ou écrire.

Et voilà, Crystal et son passe-temps favori, discuter. Je lui racontait tout ça, en agitant légèrement mon calepin de dessin, et en gardant ma main foulée bien au calme, du mieux que je pouvais.

Je.. euh.. je suis navrée, pourquoi je vous dis tout ça,  je dois vous ennuyer. Mais c’est un plaisir de  faire votre connaissance.

Chaque mot accélérait, autant que mon coeur. Étrangement, il battait plus vite.
Qu’est ce qu’il se passait? Je l’ignorais.
J’avais juste envie d’en savoir plus sur cet homme élégant. J’avais envie qu’il prenne place dans le fauteuil à côté du mien, et que l’on discute. Mon cahier serait pour la première fois, une excuse phénoménal, une couverture.
Et sûrement ridicule, dans ma petite jupe beige et mon chemisier émeraude, hissée sur la pointe des pieds, dans mes ballerines assorties à mon haut, je me jetais à l’eau.

Souhaiteriez-vous échanger à défauts de quelques mondanités superflues, quelques vers et appréciations sur la poésie qui nous plaît à tout les deux apparemment?

J’avais fait le grand saut, le plongeon, dans l’audace et le ridicule et ma longue chute, prédisait un énorme plat à l’arrivée.

Rouge pivoine, je rajoutais pour essayer de me détendre:

Je vous propose le fauteuil à côté du mien, vous verrez il est super !




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Andreas E. Dawkins

Messages : 35
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MessageSujet: Re: Ô saisons, ô châteaux .. [PV Andréas]   Mar 16 Sep - 18:48




Ô saisons,

Crystal A. Blake & Andreas E. Dawkins
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Je le vois aussitôt, la demoiselle semble être surprise par mon geste de sollicitude. Mince alors, aurais-je fait une gaffe en oubliant une quelconque variable lors de ma décision de l’aider à se relever ? Pourtant, elle ne fixe pas ma main avec réprobation, elle finit même par l’attraper et je l’aidai à se remettre sur ses pieds, essayant encore de comprendre ce qui avait pu la surprendre. Peut-être était-ce un peu, mais pas trop, déplacé de la part d’un inconnu d’amorcer un contact physique volontaire après qu’elle m’ait bousculé… Quoi qu’il en soit, ce n’est peut-être pas utile de réfléchir à cela, d’autant que je sais parfaitement que mes réflexions ne m’amèneront pas au quart d’un début de réponse. Je comprends énormément de choses, des choses qui échappent parfois à la plupart des gens. Les comportements sociaux acceptables n’en font pas partie, soit.

La jeune fille me remercie et s’excuse une nouvelle fois. Je pense alors qu’elle va partir de son côté pour aller ranger ses livres, me laissant seul avec Rimbaud, mais sa voix me détrompe rapidement. Elle me pose une question et y répond d’elle-même avant de me raconter qu’elle aussi vient souvent à la bibliothèque. Son débit de parole est tel que je ne sais que faire, lui répondre ou la laisser terminer son monologue ? En outre elle semble à la fois gênée et… enthousiaste ? Je ne suis peut-être pas un expert en relations humaines mais je trouve son comportement étrange comparé à celui des gens que je croise habituellement et, soudainement, je me mets à craindre ce que je pourrais être en train de faire. Est-ce moi qui la rends agité ? Je veux dire, suis-je en train de manipuler ses émotions en ce moment même ? Je devrais sans doute partir pour la laisser recouvrer ses esprits. C’est dommage, pour une fois que je rencontre une personne assez maligne pour aimer la poésie, il faut que je gâche tout à cause de ce satané don… tu parles d’un don.

Et voilà qu’elle me propose de discuter poésie avec elle et, les joues rougies, de prendre place sur le « fauteuil à côté du sien ». D’instinct, je tourne la tête vers lesdits fauteuils que je peux apercevoir entre les rayons. J’ai souvent vu les jeunes gens aller s’y installer, rarement pour lire ou faire quelque chose d’utile. Combien de pieds ces fauteuils ont dû supporter ? Combien d’enfants ont grimpés dessus pour jouer à je-ne-sais quel jeu imaginaire ? Je réprime une moue dégoûtée. Aller m’asseoir là-bas ? Non, c’est impossible. Mais comment refuser sans également refuser de partager une discussion intellectuelle avec Crystal ?
Je reprends mon livre, qui était toujours sur l’étagère et croise les bras.

« Eh bien… Je dois avouer que votre proposition me parait extrêmement tentante. Les amateurs de poésies sont, comme vous l’avez souligné, difficiles à rencontrer, les gens semblent bien trop préoccupés par leurs badinages insensés pour élever leurs discussions. »

Je sais que dans un débat, il faut toujours exposer le point que l’on veut inscrire dans les mémoires en dernier, néanmoins commencer par un refus net ne me semble pas être la manière la plus intelligente d’accepter sa proposition.

« Néanmoins, si cela ne vous ennuie pas, je préfèrerais aller m’asseoir à cette table, j’ai l’habitude de m’y installer. »

Je lui indique la place qui m’est réservé et réalise soudain qu’elle a peut-être pu remarquer que cette table était habituellement réservée… Même si le personnel de la bibliothèque s’est montré compréhensif, je n’ignore pas qu’ils ont dû s’amuser à déblatérer sur mon compte lorsque je ne suis pas dans les parages, ne serait-ce que si quelqu’un désire s’y installer. Une place réservée, dans une bibliothèque, ce n’est pas habituel, surtout lorsque ladite bibliothèque ne se retrouve pas particulièrement bondée… les bibliothèques le sont rarement, à part dans les établissements scolaires.

Redoutant qu’elle puisse me répondre quelque chose s’apparentant à « oh tiens c’est vous l’énergumène qui a fait un scandale pour une chaise ? » je pose mon livre sur la pile des siens et en prends la moitié.

« Mais avant toute chose, il faudrait ranger vos livres. Je m’occupe de ceux-ci. »

Je lui adresse de nouveau un sourire poli et m’éloigne dans un autre rayon pour remettre à leur place les ouvrages qui se trouvent parmi ceux que j’ai pris. Je connais par cœur la classification des livres de cette bibliothèque, ça ne devrait pas être compliqué ni prendre trop de temps.

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Crystal A. Blake

Messages : 177
Date d'inscription : 01/09/2014

MessageSujet: Re: Ô saisons, ô châteaux .. [PV Andréas]   Mar 16 Sep - 23:36




Ô saisons,

Crystal A. Blake & Andreas E. Dawkins
ô châteaux






Un plat amorti par l'étrange sensation que cet homme me semblait particulier.
Il cache dans ses yeux, des milliers de réflexions, que je suis sur, personne n'imagine.
Je parle beaucoup, et il en fait tout autant, envers lui-même.
Si je savais être  aussi calme que lui, le monde serait un tantinet plus silencieux, je vous l'assure !
Dans l'attente d'une réponse, je croise les doigts, mordille ma lèvre inférieure..
*Ne partez pas Andreas...* me suis-je surprise à penser. Comme une envie de l'attraper par la manche et de..
Rien du tout, reprends tes esprits ma belle, on ne porte son dévolu sur quelqu'un juste parce qu'il aime la poésie.
Cependant, nous sommes sur la bonne voie, je le vois regarder vers les fauteuils. Enfin, je me suis surement avancée, il réfreine mon enthousiasme avec ses réflexions silencieuses.
Il a surement mieux à faire, que de partager un fauteuil et des vers avec une minette de dix-huit ans.
Ses bras se croisent sur son livre, et mes yeux regardent le sol. Il est surement temps que j'aille ranger les miens, et que je classe cet incident involontaire, dans les échecs sociaux mémorables de ma vie de jeune femme.
Mon père m'a appris à sourire quoi qu'il arrive et pas question de déroger à cette règle.
Mais sa réponse m'intrigue, il serait d'accord? Mon naturel revenant au galop, il est tout de même dominé par le "mais" qui suit l'intonation qu'il a donné. J'ai l'impression que les secondes sont des heures et que je joue mon avenir, ou même ma vie. Je suis un vrai ascenseur émotionnel. Je suis suspendue à ses mots, et aux mouvements de ses lèvres, aux recherches visuels que font ses yeux et aux milliers d'idées qu'il exprime en sourdine dans sa tête.

« Néanmoins, si cela ne vous ennuie pas, je préfèrerais aller m’asseoir à cette table, j’ai l’habitude de m’y installer. »

Dans l'élégance de son langage, il ne m'offre pas un banal "mais" mais un "néanmoins" qui laisse à sa phrase tout le charme de l'homme.
Et dans ma tête, me voilà rassurée, c'est un néanmoins "bonne nouvelle, j'ai du temps à perdre avec une fillette de dix-huit ans qui se fait des monologues dans sa tête" mais je le prends et lui offre en retour un sourire, que j'aurais bien du mal à cacher.
Les fauteuils ne l'ont apparemment pas conquis et il nous propose plutôt de nous installer à une table à proximité.
Cette idée lui convient mieux, c'est d'accord. A vrai dire, nous pourrions rester debout ici, marcher , du moment que je puisse partager encore un petit moment en sa compagnie.
Un pas sur le coté et j'aperçois la dite table. Elle semble libre.
En général cette table est réservée, les habitués sont au courant, et peu de gens en dehors des ignorants, n'enfreignent pas les règles ici. Comme le silence, les réservations sont d'or, et j'ai le souvenir de quelques débats houleux auprès de gens, n'ayant pas respecté le caractère privatif de la réservation de cette place. Je regarde Andreas, je souris et me tais de justesse. Je viens de faire le lien. Il est l'homme, qui défend ce petit coin de la bibliothèque face aux envahisseurs. Oui c'est bien lui, je le remet. Je le revois, faire fuir par tout les moyens possibles, les encombrants de son espace privé. J'ai souvent souri, en le voyant faire, en me disant que je n'aurais jamais l'audace de tenir tête à quelqu'un et que je n'aurai moi-même pas tenue longtemps face à la conviction qu'il employait pour récupérer sa table si celle-ci avait été empruntée.
Intriguant, sympathique, un peu particulier, mais à vrai dire, rien d'étonnant, quand on voit réellement qui est cet homme.

"Vous me voyez honorée de pouvoir partager votre table. Si vous me promettez d'argumenter sur la poésie comme vous le faites pour toujours retrouver votre place malgré les "indésirables" qui l'occupent en votre absence"

J'espérais que ma remarque ne le blesserait pas, elle n'avait pour unique but, que de nous détendre tout les deux.
Pour moi, ça avait réussi, j'espérais qu'il oserait me sourire un peu plus.

Mais je crois bien qu'il ne dérogerait pas à son sérieux avec une inconnue et pris la moitié de mes livres qui attendaient sagement là empilés.

« Mais avant toute chose, il faudrait ranger vos livres. Je m’occupe de ceux-ci. »

Aussitôt dit, aussitôt fait, il était parti, avec quelques livres en main, les remettre à leur place.
Il ne régnait dans ses gestes et ses déplacements dans les rayons, aucun doute quant à l'emplacement des livres.

J'avais moi-même fait le tour d'un rayon, pour ranger les livres de ma pile. Et je regardais l'homme à travers les petits espaces entre la hauteur des livres et l'étagère qui les surplombait.
J'avais toujours cette sensation étrange, le cœur léger, le ventre un peu noué, les joues rosies, bien que de nombreuses colonnes de livres nous séparent.
Je restais fascinée, sous l'emprise du ballet qu'offrait sa connaissance approfondie du rayonnage.
Je le voyais faire en rangeant mes livres. Il allait avoir terminé avant moi, si je continuais à l'observer ainsi.
Je venais de faire la rencontre d'un homme extraordinaire, intéressant, cultivé et je souris doucement quand je compris que la distance qui nous séparait en ce lieu, n'atténuait en rien, ce que je ressentais pour lui.
Je me hissais sur la pointe des pieds pour ranger mon dernier livre. Sa place au sommet du rayon et mon poignet douloureux me rendit la tache impossible. Je ne pouvais pas étirer ma main dans son prolongement maximum, sans me tirer une petite douleur désagréable. Et je soupira légèrement. J'avais vraiment était maladroite dans ma chute.




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Andreas E. Dawkins

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MessageSujet: Re: Ô saisons, ô châteaux .. [PV Andréas]   Dim 21 Sep - 18:31




Ô saisons,

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« Vous me voyez honorée de pouvoir partager votre table. Si vous me promettez d'argumenter sur la poésie comme vous le faites pour toujours retrouver votre place malgré les "indésirables" qui l'occupent en votre absence. »

Les paroles de Crystal résonnent encore dans ma tête alors que je range les livres sur leurs étagères respectives. J’avais espéré qu’elle ne m’ait pas remarqué dans ces moments-là, et puis quoi, ce n’était pas si absurde de l’envisager, elle ne doit pas passer sa vie à la bibliothèque – moi-même je ne la passe pas ici – et je n’ai pas si souvent dû me battre pour ma place… si ? Pourquoi faut-il que pour une fois que je trouve une personne avec qui discuter de choses intellectuelles sans que l’on me regarde comme si j’étais débarqué d’une autre planète, elle ait dû me voir dans une situation de ce genre.
C’est que… oui je sais bien que ce n’est pas rationnel de s’approprier une chaise de la sorte mais ce n’est pas comme si je pouvais y faire quoi que ce soit. Oui, c’est infantile de se battre comme je le fais pour une place dans une bibliothèque mais c’est plus fort que moi, et je ne m’attends pas à ce que quiconque comprenne alors que moi-même je ne comprends pas trop. C’est vrai, je débats mes arguments même si aucun n’est réellement valable pour les « indésirables » que je dois déloger, tout ce qu’ils entendent la plupart du temps c’est « c’est ma place », puis c’est finalement devenu « cette place m’est réservée » ce qui est toujours plus officiel mais ne me rend pas moins « dérangé » à leurs yeux… ils se fichent de mes « je m’assois toujours ici, j’ai besoin de m’asseoir ici, les rayons que je visite le plus souvent sont à côté et comme ça je peux voir mes affaires quand je me lève sans avoir la parano que quelqu’un vienne fouiller ou ne serait-ce que toucher à mes affaires ». C’est quand même légitime non ? Je ne dérange personne quand je m’assois là…

Bref, elle sait. Elle m’a entendu et vu me démener pour ma place et s’est probablement dit à un moment ou à un autre que je n’étais pas net. Je ne dois sans doute pas me fier à ce qu’elle me dit quand je suis dans les parages, je dois l’influencer avec mon don. Si ça se trouve en rentrant chez elle, elle va se demander pourquoi elle a autant parler avec moi alors que depuis la première fois qu’elle m’a vu elle se débrouille pour m’éviter. Quoi, c’est plausible ça aussi non ?
Il vaudrait sans doute mieux que j’emprunte mon livre et que j’aille lui dire que j’ai quelque chose d’important à faire et que je dois partir. Elle veut qu’on parle poésie mais si ça se trouve nous n’avons que Rimbaud en commun… je veux dire, il y a peu de chance qu’elle connaisse les auteurs d’Haiku japonais du XIXe siècle, ou encore des poètes espagnols du siècle suivant. Je lis vite et j’ai compulsé bon nombre d’ouvrages de styles et d’époques différentes, pas toujours avec le même engouement, certes, mais quand même avec un intérêt certain qu’une demoiselle de l’âge de Crystal ne doit pas avoir ni comprendre. Non, je ne me prends pas pour un incompris… mais il faut bien avouer que, bien souvent, c’est réellement le cas.
Oui, partir, c’est la meilleure chose à faire. Si elle est sous l’emprise de mon don, c’est le mieux à faire pour elle et pour moi. L’exposer trop longtemps est dangereux… je m’en rends compte car mes collègues viennent de plus en plus souvent me demander comme j’arrive à canaliser les élèves au point qu’ils sont aussi studieux dans leurs cours. C’est bien pratique quand ils écoutent, je suis le premier à l’avouer, mais ils sont contraints à le faire sans même s’en rendre compte, je suis un monstre. Je devrais sans doute mieux aller me cacher très loin, vivre en ermite dans une forêt… il y en a des immenses au Canada et il parait que c’est très joli.

Je soupire, décidé à partir, et, mon livre à la main, je vais rejoindre Crystal en réfléchissant à une excuse crédible pour qu’elle ne pense pas que je ne veux juste pas de sa compagnie. Je la trouve dans un rayon, en train d’essayer de ranger son dernier livre et elle semble avoir du mal à le faire. Enfin, elle semble avoir mal tout court. Je m’approche et lui prends son livre des mains pour le ranger moi-même. Elle est grande mais les rayons le sont encore plus, moi-même parfois je dois tendre le bras. Je me tourne ensuite vers Crystal.

« Allez-vous bien ? Pardon, je me suis montré rude tout à l’heure à ne pas m’être soucié de votre état. Puis-je ? »

Je prends doucement sa main pour bouger son poignet avec délicatesse, je ne suis pas médecin mais j’ai lu assez de livres de médecin quand j’étais adolescent pour savoir voir si un os est cassé ou non. Je me mords la lèvre, espérant ne pas lui faire mal, et, si tel est le cas, souhaitant pouvoir lui donner l’illusion qu’elle ne souffre pas.

« Ça n’a pas l’air grave, la rassure-je. Venez vous asseoir. »

Je lui propose mon bras et nous dirige vers la table où je l’aide à prendre place sur la chaise voisine à la mienne.

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Crystal A. Blake

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MessageSujet: Re: Ô saisons, ô châteaux .. [PV Andréas]   Dim 21 Sep - 19:53




Ô saisons,

Crystal A. Blake & Andreas E. Dawkins
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Sur la pointe des pieds, je trépigne tant que je peux, et c’est de sa hauteur salvatrice qu’Andreas prends le livre et le range à sa place.
Il n’est pas forcément beaucoup plus grand que moi, mais suffisamment pour pouvoir remettre l’ouvrage à sa place sans l'abîmer.
Je le remercie d’un sourire timide, les joues un peu rosées que d’être en tout et pour tout, qu’une bien belle empotée.

Il se tourne vers moi, et j’ai le plaisir de retrouver ses beaux yeux, qui me regardent.
Il est vraiment charmant. Oui les répétitions sont ma spécialité, mais après tout, il n’y a pas de mal à dire des bonnes choses comme celles-ci. Tant qu’elles restent dans ma tête. Je ne veux surtout pas l’effrayer avec ce genre de réflexion.

« Allez-vous bien ? Pardon, je me suis montré rude tout à l’heure à ne pas m’être soucié de votre état. Puis-je ? »

Et voilà, tu es classée dans la catégorie des grandes blessées, bien joué.
En finissant sa phrase, il avait pris ma main entre les siennes.
Doucement, il fit bouger mon poignet, comme pour vérifier que tout était à sa place.
Il était médecin ? Fascinant. Il semblait jeune pour avoir fini ses études de médecine.
Je m’étais laissée faire, docile. Cette légère proximité me fit sourire.
Je levais les yeux pour le regarder.
Il semblait concentré, il se mordait la lèvre, un réflexe qui rendait son expression encore plus craquante; Le diagnostique vital était engagé? Je me fis rire, mais la douleur que je semblait ressentir, m’aidait à me contenir de sourire, et aussi par politesse envers la délicate attention qu’il m’apportait.

« Ça n’a pas l’air grave, la rassure-je. Venez vous asseoir. »

Il fallait que je lui demande: “Vous êtes médecin ?

J’étais rassurée, attendrie par son geste et curieuse d’en savoir un peu plus sur cet homme fascinant.
Il n’était carrément pas obligé de se soucier de mon poignet, et pourtant, il l’avait fait. Comme il avait osé me regarder, me sourire, me prendre la main, me parler. Non je ne suis pas un monstre et ce n’était pas un miracle. Mais à vrai dire, aucun homme ne m’avait approché d’aussi près. Et si aussi gentillement.

Une belle rencontre, voilà ce que mon cerveau me répète depuis que mon regard a croisé le sien.
Un coup de foudre, voilà ce que me targuait mon coeur.

Il me propose son bras, et c’est donc viens volontiers que j’y passe le mien et le suis.
Nous retrouvons sa table, il me tire la chaise, je m'assois, épatée par tant de bonnes manières.
J’ai l’immense privilège de siéger à ses côtés à la dite table. Je me sens vraiment honorée. Mais j’essaye d’être discrète à ce sujet, je ne voudrais pas qu’il se sente mal à l’aise. A près tout, tout le monde peut avoir des préférences, on réserve bien au restaurant ou au théâtre, pourquoi n’en serait-il pas de même à la bibliothèque?
Surtout quand on apprécie le lieu autant que lui et moi apparemment.

J’ai posé mon calepin sur la table.

Merci de l’attention que vous m’accordez. Et j’espère que ma présence ne vous dérange pas. Je ne veux pas vous empêcher de vaquer à d’autres occupations. Les miennes étant assez banales. Et oui, on me trouve ici quasiment tout les soirs aprés la fac.
Est-ce que j’aurais le plaisir de le revoir, ici demain?
Je me suis tournée vers lui. Je ne savais pas par où commencer? Une envie furieuse de discuter de tout, avec lui, nous aurions le temps de parler du rien, si nous avions le plaisir de nous revoir.

Oh j’aimerais tellement, le revoir, ici ou même ailleurs.
Je connais un café-livre pas loin d’ici, peu fréquenter mais où le thé à la pêche est un régal.
C’est assez calme, feutré et le serveur est un ange, une crème.

Je me lance” annonçais-je fièrement, alors que la situation n’avait rien d’extraordinaire.
Vous avez des auteurs, des poètes favoris ? Des styles, et des syntaxes préférées? Des époques ?
Je me trompe si je suppose que vous n’êtes pas un amateur en la question?
J’aimerai pouvoir en découvrir tellement plus, mais il y a trop peu de personnes pour partager sur le sujet et c’est comme un art, il faut bien commencer par l’apprendre quelque part. Je pourrais écouter des heures, des personnes qui s’intéressent à tout ça.


Mon enthousiasme me fit presque frissonner.

Pardonnez-moi, mais je vous avoues que..

Impossible de trouver les mots correctes.. C’est bien ma veine.
Je ne voulais pas qu’il fuit, je voulais juste discuter, échanger.
Dans mon élan, ma main s’est posé sur la sienne sans m’en rendre compte.

Il me fallu bien une dizaine de seconde pour me rendre compte de mon geste, je me recroquevillais sur ma chaise gênée, bien que complètement satisfaite de moi. Ce contact était rassurant, plaisant.

Je suis navrée, je ne me suis pas vu faire.

J’étais rouge tomate. Je pense qu’après mes questions et mon geste carrément déplacé, il ne me restait qu’une ou deux secondes avant qu’il ne disparaisse. Ou que je disparaisse moi sous la table, complètement honteuse.




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Andreas E. Dawkins

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MessageSujet: Re: Ô saisons, ô châteaux .. [PV Andréas]   Lun 29 Sep - 22:44




Ô saisons,

Crystal A. Blake & Andreas E. Dawkins
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Ah voilà, maintenant elle s’imagine que je suis médecin, c’est pas malin. Et comme je n’arrive pas à trouver comment la détromper, elle se remet à parler. J’ai rarement vu des gens parler autant, ou en tout cas pas en ma présence. C’est assez impressionnant je dois l’avouer, car je serais bien incapable de faire de même sans rien avoir préparé. Parce qu’évidemment, je parle beaucoup pendant mes cours mais mes cours sont préparés et quand mes élèves m’interrompent pour me poser des questions, je ne sais répondre que de façon brève, mais clairement cependant. Certes, je n’ai jamais reçu de plainte sur le fait que je ne discute pas assez avec mes élèves, mais je dois avouer que, je m’en rends compte, être capable de m’exprimer de manière moins directe ne serait pas un mal. Oh, je ne ferai pas la bêtise de m’y entraîner, c’est impossible pour moi, j’en suis certain.

Aussi, alors qu’elle s’inquiète de me prendre un temps précieux, tout ce que je peux lui répondre c’est un simple et souriant.

« Je vous assure que je n’ai rien de bien spécial à faire. »

Je n’ai jamais rien de spécial à faire, parce que les choses que j’ai à faire sont déjà faite, et si j’avais eu quelque chose à faire, je ne serais pas resté à discuter avec elle. Quand je me rends compte que je dois faire quelque chose, je le fais aussitôt pour ne pas risquer d’oublier, cela m’angoisse d’oublier quelque chose. Cela pourrait me porter préjudice, ou préjudice à quelqu’un d’autre, ce qui serait aussi embêtant.
La demoiselle attaque finalement ce sujet qui semble nous tenir à cœur tous les deux, et encore une fois le flot de ses paroles ne semble plus vouloir se tarir. Un léger sourire amusé se glisse sur mes lèvres. Ce que j’aimerais que mes élèves soient naturellement aussi exubérants lorsqu’il s’agit des cours… d’accord, c’est de la chimie, mais c’est quand même un sujet passionnant.
Alors qu’elle cherche ses mots, je sens sa main se glisser sur la mienne. Je me fige. L’espace d’un instant j’ai oublié que son éloquence n’est peut-être pas aussi naturelle que les connaissances qu’elle a de la poésie, j’ai oublié trop vite qu’il y a des chances pour que je sois à l’origine de tant de verve. Néanmoins je n’ose pas bouger, en fait je ne sais pas quoi faire. Cette main posée sur la mienne me laisse étonnamment calme alors que l’idée même de toucher les gens me dérange parfois. Cette main a pourtant touché le sol, cette main a pourtant parcouru les étagères un peu poussiéreuses, je ne sais comment ne me vient pas l’envie irrépressible de retirer ma propre main.

Elle enlève sa main, je relève les yeux vers son visage qui a pris une ravissante teinte cramoisie. L’entendant s’excuser pour son geste, mes joues rougissent à leur tour, comme si je me rendais juste compte que ce geste était déplacé. Je lâche un petit rire un peu nerveux en secouant la tête, autant pour la rassurer que pour reprendre consistance.

« Ce n’est rien, ne vous en faites pas. »

Ce serait dommage de la laisser se sentir gênée, surtout qu’il y a quand même une chance sur deux pour que je sois à l’origine de ce geste malencontreux, alors je ne peux pas l’en blâmer. Et puis, elle semble tellement gênée, ce ne serait pas charitable de l’enfoncer un peu plus.
Je décide alors de lui répondre comme si de rien n’était, inutile d’épiloguer là-dessus.

« En réalité, je dois avouer que mes goûts pour la poésie ont tendance à évoluer. Aujourd’hui, je vous dirais que j’ai une préférence pour les poètes français du 19e, mais c’est peut-être juste parce que j’ai lu Rimbaud et que Verlaine me tend les bras. »

Il y a certaines choses sur lesquelles j’ai du mal à me décider, la poésie en fait partie. J’aime la poésie en général, lorsqu’elle est faite avec le cœur et l’envie de porter de belles paroles, alors c’est en fonction de mes humeurs que je l’apprécie.

« J’aurais aimé étudier la littérature étrangère, mais à l’époque je lui ai préféré la philosophie. De toute façon, l’un ou l’autre, pour enseigner la chimie ce n’est pas très utile. »

Quoique je garde toujours dans un coin de ma tête la possibilité de reprendre des études de littérature lorsque je sentirai que j’aurai fait le tour de la chimie. C’est vrai, il m’arrive d’être volage avec mes domaines d’étude.

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Crystal A. Blake

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MessageSujet: Re: Ô saisons, ô châteaux .. [PV Andréas]   Mar 30 Sep - 21:57




Ô saisons,

Crystal A. Blake & Andreas E. Dawkins
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Le temps devient une éternité à ses côtés. Éternité que je ne voudrais stopper.
Je voudrais juste devenir invisible, qu’il oublie cette rencontre fortuite, ces gestes, ces mots.
Un léger rire me sort de ma gène et de mon envie de me terrer.

Ce n’est rien, ne vous en faites pas.

Son visage reprend tout son sérieux, avec la légère teinte que la gène semble nous offrir gracieusement à tout les deux.
Papa m’a souvent dit que j’étais enthousiaste. Mais je crois savoir que l’enthousiasme ne fait pas chauffer les joues et battre le coeur si fort.
Dans chacun de ses mots, je découvrais l’homme qu’il était. Je l’imaginais en poète, en rêveur, comme sorti d’une époque différente de la notre.
Je parlais beaucoup, mais je pensais aussi énormément. Je plains les télépathes qui ne savent pas fermer leur sens aux pensées des autres.
Moi j’ai la chance de pouvoir m’échapper physiquement quand les choses se font trop pressantes, bruyantes ou gênantes. Un toit de building, le haut d’un arbre, partout à vrai dire.
J’aimerai oublier ce geste rapidement, pas pour le geste en lui-même. Ce contact était plaisant, mais pour que le cramoisie choisisse d’autres joues.
En gentleman, il ne s’éternise pas sur le sujet et me recentre, retournant vers nos amis: les poètes français. Nous pourrions en parler tout le temps.

« J’aurais aimé étudier la littérature étrangère, mais à l’époque je lui ai préféré la philosophie. De toute façon, l’un ou l’autre, pour enseigner la chimie ce n’est pas très utile. »

La chimie? Il n’est donc pas médecin mais enseignant. Je suis bête, ça aurait du me venir tout de suite. Ca ne m’avait pas effleuré l’esprit un instant pourtant.
Professeur de chimie. Voilà quelques mots et mon imagination faisait le reste. Je l’imaginais face à une classe, narrant toutes les solutions possibles et impossibles sur l’univers large qui compose celui de la chimie.
J’avais du en faire au lycée. Ayant orienté mes études vers l’art, aujourd’hui, c’était une matière que je n’avais plus l’occasion d’approcher.
Je passais parfois devant le bâtiment de la section des sciences. Il m’arrivait d’y passer, je transportais souvent des documents pour des professeurs. J’étais très serviable et certains avaient pris le pli sur ma capacité à rendre service.
Travaillait-il dans mon université?
Je me mettais à réfléchir sérieusement. L’avais-je déjà croisé là-bas? Je triais mes souvenirs, les images, les informations, les discussions, et rangeait le tout dans le contexte du batiment scientifique.
Je repensais à une discussion que j’avais entendu il y a peu, de la part du suppléante en science qui discutait avec une autre femme. Leur conversation tournait autour de la classe , près de l’escalier. Elles discutaient vivement sur le sujet.
Elles s’emerveillaient devant le calme, impecable  qui régnait dans la salle. Et maintenant que j’y pense, de nombreuses fois, j’avais entendu ce bruit sur cette classe étrangement studieuse.
Je me faisais un parcours de réflexions dans ma tête, aux bases fragiles, voir complétement aléatoire. Et si il n’était pas à notre fac? alors tout ça n’aurait pas de sens.

A m’entendre, l’on pourrait croire que toutes ces réflexions duraient des heures, me laissant ainsi pensive et silencieuse pendant de longs moments, mais non tout ces raisonnements se font très vite.
Je suis aussi logique, qu’imaginative, et je ne laisse pas, quand je suis en compagnie, mes interlocuteurs, face à un poisson en train de buller.
Je m’en voudrais de perdre du temps alors que chaque seconde avec Andreas me semble précieuse. Et si au lieu de réfléchir seule, je discutait tout simplement avec lui. Vraiment, je pense qu’il est le mieux placer pour me renseigner.

Si je garde mon air fasciné, ce que je suis réellement face à lui, je pense que ma curiosité ne lui paraîtra pas malsaine.

Vous êtes enseignant? A la fac ? Est ce que c’est votre classe, celle vers l’escalier? Car si j’ai raison, vous devez être un excellent professeur. Il paraît que l’attention que vous porte vos élèves est sans faille. Il en serait de même de ma part, si je vous avez en cours”  déposais-je ainsi doucement. “En tout cas, toute une classe , chapeau. J’aimerai bien que mon professeur prenne exemple sur vous et vos méthodes;, nos cours deviendraient un peu plus vivable.”




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Andreas E. Dawkins

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MessageSujet: Re: Ô saisons, ô châteaux .. [PV Andréas]   Ven 10 Oct - 1:05




Ô saisons,

Crystal A. Blake & Andreas E. Dawkins
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Je ne sais pas si j’aurais pu faire un autre métier qu’enseignant… c’est que j’ai cette fâcheuse tendance à vouloir corriger les gens, ce qui est utile pour un prof mais devient particulièrement embarrassant, voire contraignant, dans certains autres domaines où l’on ne vous demande pas votre avis… or des avis, j’en ai sur à peu près tout, et même si j’arrive à me contrôler pour ne pas embêter les gens qui m’entourent ou m’accompagnent avec des sujets qui ne les intéressent pas, je dois avouer qu’il ne me faut pas beaucoup pour m’encourager à dire ce que je pense. Être professeur est donc ce qui me correspond sans doute le mieux, et j’ai choisi une matière qui m’empêche de digresser à tout vas, car je suis souvent le fil de mes pensées. Si j’étais professeur de littérature, je n’ose imaginer à quel point je devrais me contrôler pour ne pas parler de tout ce à quoi me font penser certaines œuvres au risque d’infliger des tendinites à chacun de mes élèves. Au moins la chimie c’est simple… du moins, ça évite toute déviation.

Au terme de mes réflexions, je reporte mon attention sur Crystal qui semble aussi réfléchir une seconde, je vois dans son regard une certaine soif de savoir, et étrangement je sens que cette soif est dirigée vers moi. Elle doit penser que je suis un être curieux, et probablement que je le suis, je ne saurais dire le contraire même si je n’aime pas vraiment qu’on me regarde comme si j’étais différent. Bien sûr je le suis, et si ça ne venait que de mon asperger je ferais beaucoup moins d’efforts pour paraître normal… je suis peut-être un peu parano sur les bords mais dans le monde actuel, la moindre différence peut-être taxée de mutante. Si je n’en étais pas un ça ne m’effraierait pas que l’on se méprenne, mais je suis terrorisé à l’idée que des personnes malintentionnées apprennent que je suis un mutant.

« Vous êtes enseignant? A la fac ? Est ce que c’est votre classe, celle vers l’escalier ? Car si j’ai raison, vous devez être un excellent professeur. Il paraît que l’attention que vous portent vos élèves est sans faille. Il en serait de même de ma part, si je vous avais en cours. »

Je me fige et esquisse un faible sourire. Bien sûr c’est une étudiante, mais si je l’avais croisée au département je m’en souviendrais, alors comment a-t-elle pu entendre parler de ma classe ?

« En tout cas, tout une classe, chapeau. J’aimerais bien que mon professeur prenne exemple sur vous et vos méthodes, nos cours deviendraient un peu plus vivables. »

Je baisse la tête, ne sachant que répondre. Ce n’est pas la première fois que l’on me fait des remarques sur la façon dont je dirige ma classe, mais habituellement ce sont d’autres professeurs à qui je sais parler. Je ne sais que répondre à cette jeune fille que je ne connais pas et qui me semble avoir un sacré sens de la déduction. Mais le tout est de ne pas me laisser submerger par la panique, il n’y a pas de raison qu’elle soupçonne quelque chose d’étrange, personne ne l’a fait jusqu’à présent d’ailleurs. N’empêche qu’il va sérieusement falloir que je trouve un moyen de contrôler ce don, à défaut de pouvoir le faire disparaître.
Je relève les yeux en souriant de nouveau, essayant de paraitre sincère et décontracté… ce qui n’est pas mon fort.

« Oui j'enseigne à l'université. Mais ça n’a rien d’exceptionnel, c’est juste qu’ils ont fini par comprendre que si ce n’est pas pour une bonne raison, de mon point de vue à moi, je n’interromps pas mon cours, alors ils ont cessé de parler pour prendre correctement des notes. »

J’arrive à échapper un petit rire amusé. Ce n’est, après tout, pas entièrement faux. Je n’aime pas arrêter mon cours pour reprendre les élèves qui ne suivent pas… mais c’est vrai aussi qu’ils suivent tous toujours puisque je les y « force ». Je crois que si j’avais su que mon pouvoir pouvait s’étendre à tout un amphithéâtre, j’aurais cherché une autre profession. Et si cela leur devenait néfaste, avec le temps ?

« Votre professeur est peut-être simplement trop gentil pour risquer de laisser des élèves à la traîne. »


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Crystal A. Blake

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MessageSujet: Re: Ô saisons, ô châteaux .. [PV Andréas]   Dim 12 Oct - 1:29




Ô saisons,

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Le sujet m'intéressait autant que l’interlocuteur. J’avais face à moi, un éminent scientifique, doté d’un professionnalisme hors du commun. Il venait de me dire que mon prof était trop gentil avec nous. Que prendre du temps à reprendre les gens, les éléments perturbateur, ou de s’occuper des gens à la traîne, laissait le champ libre à toute forme d’agitation: discussion, bavardages, chahut, etc.
Je ne pouvais pas lui donner tord, mais même si sa classe était conciliante, comment les élèves pouvaient l’écouter sans jamais broncher?
Il est humain de se disperser même ne serait-ce que cinq secondes, en fermant les yeux, en baillant, en s’étirant discrètement.
J’étais bonne élève, mais il m’arrivait aussi de décrocher des cours par moments. Je rêvassais, ou répondais à Jade. Il m’était impossible de rester quatre heures, sans ciller, sans vouloir brasser autre chose que mon crayon sur le papier. Je ne sais pas moi: regarder l’heure, lire ses mails, chuchoter avec son voisin, se balancer sur sa chaise.
Tout ces exemples, je les retrouvais dans ma classe. Alors à moins d’avoir des robots face à soi, ou d’avoir trouver un sujet qui arrivait à tenir une section pendant des heures, votre classe pouvait être parfaite. Mais les niveaux, les styles, les comportements, les éducations, tout ça et j’en passe, faisais de nous des êtres différents.
Je partais dans de la philosophie mélangée à de l'anthropologie. Et je pensais ne pas pouvoir tenir le sujet bien longtemps. Un amphithéâtre entier ne pouvaient pas écouter, sagement, sans bruit, sans autre forme que ce soit, que le plaisir et le besoin de travailler sérieusement. Si c’était le cas, alors je demanderais à changer de filière, rien que pour profiter de l’ambiance studieuse.
Je mettais le sujet en travail en arrière plan dans le schéma de réflexion de mon cerveau. J’aurais tout le temps d’y repenser une fois chez moi.
Pour l’instant, je voulais juste en savoir plus sur lui, et entendre tout ce qu’il avait bien envie de me raconter. Pour conclure mes raisonnements (pour le moment), je finis par lui dire le regard pétillant:

Impressionnant ! Vos collègues doivent vous envier votre pédagogie !

Mon téléphone vibra dans ma pochette. Je n’y prêtais pas attention. C’est quand, il vibra une seconde fois que je me suis excusée auprès d’Andréas.

Pardonnez-moi” accompagné d’un sourire et en lisant le texto.

C’était un message de Jade. Elle avait besoin d’aide pour son devoir de dessin et elle paniquait à l’autre bout du clavier. Comme d’habitude, elle s’y prenait au dernier moment pour le faire. Je lui répondais rapidement, que je passerais en sortant de la bibliothèque.

Je soupirais en verrouillant mon téléphone. Je ne voulais pas écourter ce moment.

Je vous prie de m’excuser. Une amie, qui manque de rigueur dans sa façon de travailler et qui a tendance à tout faire la veille pour le lendemain, mais qui requiert mon aide pour que tout soit prêt à temps” lui déballais-je ainsi le plus naturellement possible.

Mais elle attendra” finis-je doucement en rangeant mon téléphone.

Ca fait longtemps que vous enseignez? Pardonnez mes questions si elles sont trop indiscrètes..

J’en avais plein d’autres à lui poser. Mais je devais jauger mes questions. Je ne suis pas une espion. Je suis juste curieuse, bien que mon enthousiasme vienne moi-même me surprendre.
Peut-être que notre simple rencontre, lui avait suffit pour aujourd’hui.
Je cogitais bien tant. Je voulais juste bavarder, sans être ennuyeuse, ni trop arrogante, face à l’homme fascinant que j’avais devant moi.
Jade m’était déjà sortit de la tête et je reprenais ma préoccupation principale: Admirer cet homme et converser. J’allais finir par connaître tout les détails de son visage, si je continuais à le regarder de cette façon. Mes joues ne blêmissaient pas. Impossible de ne pas être impressionnée, intimidée et même trouver ça plaisant. Andreas avait énormément de charme et chaque seconde en sa compagnie me le confirmait.




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Andreas E. Dawkins

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MessageSujet: Re: Ô saisons, ô châteaux .. [PV Andréas]   Lun 20 Oct - 1:13




Ô saisons,

Crystal A. Blake & Andreas E. Dawkins
ô châteaux



Je pensais avoir droit à une conversation intéressante, enrichissante et décontractée – du moins, autant que je pouvais me montrer décontracté – mais il fallait évidemment que cela tourne au désastre. Bien sûr je me tiens fasse à une étudiante, non seulement pleine de questions à mon égard, mais qui semble apprécier chercher la petite bête dans tout ce qui peut se passer. En temps normal, c’est un trait de caractère que je trouve louable, il n’y a que comme ça que l’on réussit à comprendre les choses, lorsqu’on pousse la réflexion jusqu’au moindre détail, jusqu’à l’infime petite note qui tinte dans votre esprit qui vous fait vous dire « je maîtrise ». Malheureusement, je dois avouer que présentement, je trouve cela plutôt dangereux. Je dois sûrement l’influencer pour qu’elle s’intéresse de si près à moi… pour quelle autre raison trouverait-elle le moindre intérêt à m’interroger sur ma vie après tout ?

« Impressionnant ! Vos collègues doivent vous envier votre pédagogie ! »

J’esquisse un petit sourire en coin et secoue la tête. « Envier », oui c’est peu de le dire. Lorsqu’ils arrivent en salle des profs épuisés d’avoir repris leurs élèves et qu’ils me voient égal à moi-même à bûcher sur mon cours à venir comme si de rien n’était, ils se mettent d’accord pour découvrir le secret de ma « pédagogie ». J’aimerais être assez socialement apte pour leur donner une explication plausible.

Un petit son nous décentre de notre conversation et Crystal sort son téléphone portable de sa pochette pour lire l’écran. Je réprime un soupir de soulagement duquel je me punis aussitôt mentalement. Souhaiter qu’elle parte, ce n’est pas charitable, surtout que je n’ai pas vraiment envie qu’elle parte, c’est juste que le pan de conversation qui s’écoule me met plus que mal à l’aise et que je voudrais qu’il cesse, que l’on revienne à des sujets comme la poésie, ou bien les livres qu’elle a lu.
Je la vois tapoter sur les boutons de son téléphone puis elle reporte son attention sur moi.

« Je vous prie de m’excuser. Une amie, qui manque de rigueur dans sa façon de travailler et qui a tendance à tout faire la veille pour le lendemain, mais qui requiert mon aide pour que tout soit prêt à temps. Mais elle attendra. »

Je la regarde ranger son téléphone sans remord. Je ne suis pas le seul à ne pas être charitable, et je me sens alors un peu coupable d’accaparer son attention alors que son amie a besoin de son aide. Surtout que cette attention est loin d’être naturelle et sincère…

« Ca fait longtemps que vous enseignez ? Pardonnez mes questions si elles sont trop indiscrètes… »

Je lui souris et passe fébrilement une main dans mes cheveux. Difficile de lui faire comprendre que cette intrusion dans ma vie privée est gênante pour moi, elle pourrait croire que je n’ai pas envie de lui en dire plus sur moi, que c’est personnel… alors qu’en fait, je suis pareil avec tout le monde.

« Ce n’est pas que… » Je m’interromps car je ne sais pas comment formuler ma phrase. J’ai peur qu’elle se mette en colère, qu’elle se vexe et parte, les gens sont si aléatoires… quoique si elle est bel et bien sous l’emprise de mon don, je ne risque rien de cela. Est-ce que cela doit me rassurer ? Je n’en sais rien. « J’enseigne depuis un peu moins d’un an… »

Je réprime un nouveau soupir puis mon regard se reposer sur le sac de Crystal qui vibre à nouveau.

« Vous devriez aller aider votre amie, cela a l’air urgent. »

Je n’ai jamais eu ce problème, je fais toujours tout en avance, mais durant ma scolarité j’ai eu l’occasion d’entendre les élèves se plaindre des délais des devoirs toujours trop courts. Et puis, si cette amie a l’habitude de compter sur Crystal, elle ne comprendra sûrement pas pourquoi Crystal l’ignore soudainement simplement pour discuter avec un professeur rencontré à la bibliothèque.

« Je suis sûr que nous aurons l’occasion de nous recroiser, ici ou… à l’université. Je m’en voudrais si nos conversations se trouvaient être la cause d’une mauvaise note pour votre amie. »

Bien qu’elle aurait dû s’y prendre plus tôt… mais tout le monde n’y arrive pas, parait-il.

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Crystal A. Blake

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MessageSujet: Re: Ô saisons, ô châteaux .. [PV Andréas]   Lun 20 Oct - 17:52




Ô saisons,

Crystal A. Blake & Andreas E. Dawkins
ô châteaux





Je ne savais pas encore comment interpréter l’homme face à moi. Je calmais mon enthousiasme, pour ne pas qu’il s’offusque.
Il semblait sur la réserve, mais cela semblait tout de même naturel chez lui.
Autant dire que ce genre de comportement avait tendance à laisser penser que c’était les étudiants qui menaient la danse, et il m’affirmait le contraire.
Le mystère encore entier, je venais de me promettre d’y réfléchir plus tard, pour la seconde fois.

Je notais et prenais pour moi, comme un plaisir sans égal, chacun de ses sourires.
Ces silences, nos moments de réflexions à chacun, me semblaient naturels, sans aucun malaise. Pour ma part en tout cas, car je le voyais ainsi tout de même, discret, choisissant chacun de ses mots, continuant très sérieusement à m’écouter et me répondre.
Alors que moi, je bavais d’enthousiasme et de mots à l’égard de cet homme. Je l’appréciai un peu plus à chaque seconde, comme des rencontres éphémères mais intense.

Mais il fallait que je reste polie, et si ces silences venaient à trop durer, je serai à mon tour  gênée de l’avoir ainsi accommodé. Autant dire que prendre des pincettes et des gants et beaucoup de retenue, me semblait la meilleure stratégie pour ne pas faire fuir Andreas.

Je souris à m’entendre prononcer mentalement son prénom, et ce sourire se prolongea, quand d’un petit geste anodin, il passa sa main dans ses cheveux.

Je crois bien que je pourrais tout aussi le regarder ainsi en silence, au lieu de lui poser toutes ces questions, s’il ne venait pas à trouver ça bizarre.
Je parlais pour ne pas laisser la place au mauvais silence, celui qui inspire la gêne.
Je voulais des silences doux, délicats, comme les traits de son visage.

Ma rêverie était hélas parsemée de vibrations. L’émotion qu’il me procurait certes, mais surtout mon téléphone qui ne cessait de vibrer.
Nos regards se retrouvèrent sur ma pochette, je lui souris doucement et il me dit :

« Vous devriez aller aider votre amie, cela a l’air urgent. »

Je suis parfois prise par le temps, des horaires de retour à la maison que j’avais donné à papa, que j’aimais à respecter pour ne pas qu’il s’inquiète. Mais là, rien ne m’empêchait de rester en sa compagnie, mais mon amie, comptait sur moi.. toujours un peu trop à mon goût.
Je l’avais habitué à être constamment disponible pour elle, et le peu de vie de sociale que j’avais en dehors du temps passé avec elle, me laissait amplement le temps de jouer les marraines la fée, quand elle criait à l’aide, quand elle se trouvait piégée par sa fainéantise.
Mais là, pour une fois, j’avais presque envie de dire: “Non, pas maintenant” mais je crois bien que je n’avais pas le choix.
Je ne pu m’empêcher de soupirer. Ce qui me semblait tellement inélégant.. Et pourtant, tellement propice à la situation.
J’étais une grande rêveuse et me réveiller était l’un des moments que j’appréciais le moins. Toutes les bonnes choses ont une fin, le rêve se termine, il était temps de retourner à la réalité.  Rendre à cet instant éphémère, cet homme qui s’en était échappé.

« Je suis sûr que nous aurons l’occasion de nous recroiser, ici ou… à l’université. Je m’en voudrais si nos conversations se trouvaient être la cause d’une mauvaise note pour votre amie. »

Cette dernière phrase, relança mon coeur, comme éteint un instant.
Il ne venait pas de me dire adieu mais au revoir.
J’eu du mal à contenir mon plaisir, et la joie que j’éprouvais.

Une victoire, car je ne l’avais pas effrayé, et c’était un bon point.
J’avais lui avait même peut-être été agréable.
Ça, je pense qu’il en était le seul juge.

Je lui offrais mon plus beau sourire, rangeais mon carnet dans mon sac.

“Vous avez raison, j’ai toujours été là pour elle. Ce fut un plaisir de faire votre connaissance. Et ça serait un plaisir renouvelé que de vous revoir. Bonne soirée Andreas”

Son prénom entre mes lèvres.. lèvres que je mordais pour retenir le plaisir que cela me donnait. Je me levais, souriante, le saluais d’un signe de la tête et quittais la bibliothèque.
Je me retournais, avant de franchir les portes, pour l’apercevoir une dernière fois.

Je ne sais pas ce qui ce tramait en moi, je me sentais toute légère et quand je fermais les yeux, en m’étant assurée que personne ne se trouvait aux alentours, je me téléportais, avec une impression de vitesse presque décuplée, pour me retrouver devant l’immeuble de Jade.

Je montais les escaliers, et mon entrain se dissipait..
J’étais contente de retrouver mon amie, mais ce moment avec Andreas me paraissait déjà si loin..



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Andreas E. Dawkins

Messages : 35
Date d'inscription : 30/08/2014

MessageSujet: Re: Ô saisons, ô châteaux .. [PV Andréas]   Mar 4 Nov - 23:49




Ô saisons,

Crystal A. Blake & Andreas E. Dawkins
ô châteaux



Mes paroles sont suivies d’un léger silence et je me demande soudainement si je n’ai pas dit quelque chose de mal. Elle semble apprécier ma compagnie autant que j’apprécie la sienne, bien que je sois quasiment certain qu’il s’agisse encore là d’un tour de mon don incontrôlable. Peut-être s’en était-elle rendue compte elle-même ? Peut-être que la possibilité de nous reparler un autre jour ne lui confère qu’une sourde terreur que je serais, sans doute, aussi capable de créer de toutes pièces. Si je n’étais pas si maladroit, je crois que je pourrais me lever et filer précipitamment pour mettre fin à ces secondes de silence qui m’obligent à me perdre dans mes pensées, des pensées trop agitées, trop pleines de supputations intempestives. Mais voilà, ma maladresse chronique pourrait m’envoyer au tapis à la seconde où je me lèverai en me prenant le pied dans le pied de la chaise, ou me faire trébucher sur un pan de moquette décollé, ou me cogner contre la porte en sortant. Trop de risques à envisager.
La voix de Crystal me tire enfin de mes pensées tortueuses.

« Vous avez raison, j’ai toujours été là pour elle. Ce fut un plaisir de faire votre connaissance. Et ça serait un plaisir renouvelé que de vous revoir. Bonne soirée Andreas. »

Je me lève en même temps qu’elle – on m’a appris les bonnes manières –, essaie de lui rendre son sourire, mais il est sans doute moins spontané et rayonnant que le sien. Elle s’éloigne finalement, et quand elle se retourne, mon bras se lève et je lui fais un signe de main malhabile, comme un enfant qui dit au revoir à une de ses copines à la fin de la journée d’école. Et je reste planté là pendant de longs instants, me remettant de cette rencontre imprévue. Imprévue. C’est déjà pour moi une notion complètement étrangère. Je contrôle mon emploi du temps pour ne pas craindre l’imprévu mais… il n’amène peut-être pas que des mauvaises choses. Je dois néanmoins être prudent, est-ce qu’il n’est pas dangereux que nous passions du temps ensemble ? Je crois que c’est la première fois que ma crainte de mon don ne m’empêche pas de vouloir me montrer sociable. Ou alors… c’est peut-être simplement la première fois que j’ai réellement envie de me montrer sociable.

Je sors de mes réflexions en sentant le regard de deux employés de la bibliothèque braqué sur moi, je pique un fard. Ils doivent trouver bizarre que l’extraterrestre qu’ils doivent penser que je suis ait réussi à parler avec un être humain normal… honnêtement, j’en suis le premier surpris, peu de gens font l’effort de m’adresser correctement la parole une fois qu’ils ont assisté à l’un de mes monologues. Je réprime un sourire à son souvenir et récupère le livre posé sur la table avant de retourner dans le rayon où je l’ai trouvé. Je vais sans doute en emprunter d’autres afin d’occuper ma soirée, c’est ce que j’étais venu faire au départ, non ?

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