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 Sounds like a very bad day || Crystal A. Blake

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Willow F. Anderson

Messages : 24
Date d'inscription : 16/09/2014

MessageSujet: Sounds like a very bad day || Crystal A. Blake   Sam 20 Sep - 16:19




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Willow F. Anderson & Crystal A. Blake
a very bad day



Je l’ai fait. Ouais. J’ai sauté le pas. Après plusieurs mois de cette nouvelle vie j’avais décidé d’envoyer un manuscrit à une maison d’édition. Ce n’est qu’une petite nouvelle et elle date un peu, mais c’est une histoire qui me tient à cœur, alors plutôt que de la reprendre et risquer de dénaturer l’écrit original, je l’ai envoyé à une maison d’édition. Enfin, ça, c’était il y a trois semaines. Oui, trois semaines. Et aujourd’hui, j’ai enfin reçu une réponse. Négative, évidemment. Il n’y avait pas d’explication, juste un refus et mon manuscrit qu’ils me rendaient. Ils ont fait ça bien, n’empêche, c’est un coursier qui m’a livré le tout, enfin « une » en fait.
Je suis idiote. Je me suis précipitée seulement parce que j’aimais mon histoire et que j’espérais ne pas être la seule. Visiblement, je le suis. J’aurais dû la reprendre, quitte à modifier certaines choses. Peut-être qu’il restait des fautes, c’est pas malin. Je m’en veux tellement. Pourquoi est-ce qu’il faut toujours que je sois si impulsive, hein ?

Ils ont dû remarquer que ça n’allait pas au bar, voilà pourquoi je me retrouve à marcher dans la rue, à presque 2h du matin, ils m’ont autorisée à partir plus tôt. Ce n’est pas mon jour, il aurait mieux fallu que je ne travaille pas, au moins j’aurais bu mais cela n’aurait nui à personne d’autre que moi. Quand je dis « nui » c’est surtout que je fais perdre deux heures de consommations à l’établissement en n’étant pas restée avec mes clients jusqu’à la fermeture, j’ai de la chance qu’ils soient compréhensifs… les patrons comme les clients d’ailleurs. C’est plutôt amusant de voir les habitués, qui d’habitude me poussent à boire avec eux, s’enquérir de mon état parce que j’accepte leurs verres alors qu’habituellement je carbure au soda. Mais ce soir c’était champagne ! Et le champagne est une boisson qui me monte vite à la tête même si j’adore ça. Marcher jusque chez moi me fera du bien sans doute. De toute façon, je n’ai pas le choix, je n’aime pas prendre de taxi quand je suis en « tenue de travail », les chauffeurs me regardent toujours comme si… beh comme si j’étais une pute. La seule contrainte reste celle du temps que ça prend, parce qu’on ne peut pas dire que les rues soient très animées, non pas même le week-end alors que le couvre-feu est à 4h. Il m’arrive de temps en temps de croiser quelques blaireaux mais avec les gardes qui trainent partout, ce n’est pas comme si je risquais quelque chose.

J’ai quand même hâte d’arriver chez moi, ce serait moins périlleux si le sol arrêtait de tanguer un peu. Sérieusement avec tout leur attirail de « surveillance », ils n’auraient pas pu prévoir quelques rampes ci et là pour que les gens qui ont du mal à marcher puisse avancer à une allure correcte ? Mes talons de huit centimètres ne me rendent vraiment pas la tâche facile. Pourquoi je les mets alors ? Mais parce que ces chaussures sont superbes !!
Je me passe une main sur le visage en voyant que j’arrive dans les rues pavées, si je ne me casse pas une cheville en les traversant, c’est que je suis foutrement chanceuse. Mais je sais que ce n’est pas mon jour, alors j’avance prudemment.

Moi je suis prudent, mais mes chaussures décident de se montrer aventureuses et deux secondes plus tard me voilà sur le cul, par terre, dans une flaque d’eau sale. Je pousse un cri de rage.

« Putain de bordel de merde, c’est pas vrai !! »

Magnifique. Magnifique ! Il ne manquait plus que ça ! Je me mords la lèvre et défais mes chaussures, inutile de risquer de tomber encore, mais en enlevant la deuxième je me rends compte qu’elle n’a plus de talon. Voilà comment on finit une journée pourrie… en la pourrissant un peu plus.

« Merde, merde, merde, saloperie de pavés !!!! »

Je vois une lumière qui s’allume dans un bâtiment à côté. C’est vrai que les gens n’ont pas l’habitude des gens qui crient la nuit… ils ne doivent pas beaucoup s’amuser. Je balance mes chaussures vers le banc qui se trouve à trois mètres de moi et me redresse légèrement pour aller m’y asseoir. En réalité, je rampe presque à quatre pattes jusqu’au banc. Je m’en fiche, personne ne me voit… et quand bien même, je m’en ficherais tout autant. Je m’affale contre le dossier et ouvre mon sac pour en sortir la serviette en papier qu’on m’a donné dans la soirée et essuyer mes mains et mes bras, me fichant du numéro qui est écrit dessus, comme si j’allais l’appeler… en plus il sait très bien où me trouver. Finalement, je me sors une cigarette, je l’ai mérité celle-là, non ?

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Crystal A. Blake

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MessageSujet: Re: Sounds like a very bad day || Crystal A. Blake   Sam 20 Sep - 23:09




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La girly night n'en finissait plus. Un plaisir de revoir Jade, une éternité que je ne l’avais pas vu. Bon ok, je me ment à moi-même, je la vois tout les jours. Mais il y avait eu les vacances.

Et ce soir, papa absent et samedi soir oblige, j'étais de sortie.

Ma première semaine d'école avait été plutôt calme. Et j'avais retrouvé Jade après deux mois de vacances. Bavarde que nous étions, nous avions notre été à nous raconter.
Mais discuter pendant les cours, ce n'était pas ma tasse de thé, alors qu’elle ne se gênait pas. J’aimais à penser qu’il y avait un temps pour tout, et j’aimais vraiment mes cours, passionnée je dirais même.
Jade se trouvait dans cette branche par hasard, ayant suivi son petit ami Conrad à la fac de Métropolis. Elle ce qu’elle voulait, c’est être en cours pour que son “vieux” ne lui pose pas de question et moi je voulais devenir graphologue, et ce gouffre pendant les leçons nous séparait. Enfin en temps normal, là, impossible de l’arrêter de discuter.
Mais je ne l’écoutais que d’une oreille, je réfléchissais à la courbure de certains mots et je me demandais si je pouvais intégrer des maths dans les écritures.
J’attrapais de bribes des discussions de mon amie, en griffonnant pas mal de notes sur mon cahier. Et je finissais par dire, exaspérée de ne pas arriver à me concentrer:

Jade, s’il te plait, on se voit samedi soir, alors ne me raconte pas tout
Et sauvée par la cloche qui sonnait, je lui souriais, lui souhaitant une bonne fin de journée et je m’éclipsais en vitesse.

Le samedi était enfin arrivé, et nous allions reprendre les bonnes habitudes.
Dormir un peu, trainer sur la terrasse de ma chambre, quand un mail me rappela le rythme que je tenais avant les vacances.

Je faisais le week-end et parfois le soir en semaine, des livraisons.
Quelques missions que certaines sociétés me proposaient.
J’avais su faire mes preuves et aujourd’hui, elles me faisaient confiance pour livrer en temps et en heure, leur colis, à vrai dire partout.
Dans mon petit cerveau de rousse, j’avais monté ce petit plan en début d’année; L’idée m’était venue un jour, alors que je m’amusais à faire Paris-Metropolis en dix secondes. Si nous pouvions livrer certaines choses aussi vite, ça serait vraiment miraculeux et salvateur pour certaines personnes. L’idée était là, à moi de gérer. Je voulais gagner un peu d’argent, pas monter une société. J’avais fait un peu de pub, fait un peu mes preuves mais mon succès avait prit rapidement de l’ampleur et j’avais solutionné le problème à ma façon. J’avais fait faire par un webdesigner, un site, un planning en ligne, une grille de tarif et de délais de livraisons, et le tout solutionnait toutes les questions qui pouvait se poser sur mon efficacité.
Je gérais ainsi des plages horaires, où j’étais disponible pour livrer des colis. Souvent définies par mon envie de la semaine. Les clients pouvaient y déposer leurs demandes sur ce planning, avec le colis à livrer, l’endroit, et je leur répondais dans la journée en leur fournissant tarif et garantie.
Parfois, je refrénais mon planning pour respirer un peu, me garder du temps pour vivre normalement. Mon don utilisé trop souvent me fatiguait, j’en avais fait les frais sur une mauvaise gestion de mon planning en février.. et j’avais été souffrante pendant bien deux semaines. Jenny m’avait passé un sacré savon, et Jackson n’approuvait pas totalement que j’utilise mon don pour ça. Je lui ai donc promis de réfréner tout ça, et de ne rendre que plus occasionnellement des services. Il ne fallait pas non plus que cette activité prenne trop d’ampleur, afin de ne pas attirer l’attention sur moi. J’avais appelé mon site: “Les vents d’Evolène” et les gens me surnommaient Evo. Si bien que peu de gens savent que je m’appelle Crystal en réalité. Ces petites missions me faisaient voir du pays, et je rencontrais plein de gens.  Mon efficacité se transmettait de bouche à oreille, par les gens satisfait de mes services. Et je travaillais pour quelques petites boites locales, qui appréciaient mes tarifs et ma rapidité.

Ce soir, j’avais reçu un mail d’une cliente fidèle. Adana Smith, une éditrice, qui adorait que les manuscrits qu’elle recevait et transmettait soient livrés rapidement.
Je faisais des livraisons à Londres, parfois chez son partenaire commercial, ou parfois directement chez des auteurs.
Demain matin, il fallait que je passe à la boutique récupérer un manuscrit pour le livrer chez une auteur.
Je lui confirmais la livraison dans la matinée, et bien entendu à un prix de client fidèle que je lui avait proposé après de nombreuses courses pour elle.
Des fois, je me disais que je trichais vraiment et que mon efficacité devait en étonner plus d’un, mais quand l’économie de temps et d’argent était derrière tout ça, les businessmen ferment les yeux, sur le comment, si le travail est bien fait.
Je n’avais qu’une course prévue demain matin. Les demandes allaient reprendre doucement, j’avais mis le ola, prévenant mes clients de mes congés d’été, qu’ils acceptèrent à défaut d’autres solutions.

Le lendemain, je retrouvais avec plaisir Adana, qui me remerciait. Elle avait oublié de renvoyer ce manuscrit, et c’était plutôt urgent.
J’aimais lui dire: “Aussitôt dit, aussitôt fait”. Moi ça me faisait rire, il ne me fallait pas dix seconde pour me rendre à destination et elle aller être rassurée de la livraison de son colis.

Il m’avait fallu huit secondes et demi pour me retrouver devant le palier de la femme destinataire du colis.
Je frappais doucement, et on ne tarda pas à m’ouvrir.
Une auteur, comme dans le film “Fenêtre secrète”, une tasse à la main, et une tenue simple pour traîner chez soi.
Elle me gratifia d’un sourire pour mon paquet et je retournais vaquer à mes occupations.
Un sms pour confirmer la livraison un peu plus tard dans la matinée, et une super séance shopping. Je devais aussi passer à la librairie pour m’acheter des fournitures pour les cours.
Et j’avais des photos à récupérer chez le photographe.

La journée avait suivi son cours et tout doucement la soirée approchait.

Soirée qui nous réunissait toutes chez Jade, pour une soirée “girls” comme elle aimait les appeler.
Et j’ai eu le droit à ma dose de potin, de rire, de sucreries, tellement bonnes pour nos hanches, de petits cakes, de boissons en tout genre, même des exotiques, ramenées de son voyage en Asie par Conrad cet été.
Nous restions tout de même discrètes malgré le rire aiguë de Jade. Son quartier était calme et les voisins silencieux. Et il ne fallait pas dénoter avec l’ambiance de la résidence pour ne pas causer de soucis. La discrétion, dans ce monde bourré de gens qui vous surveillent, était la porte de votre salut. Et la soirée avait duré. Un moment que je n’avais pas rigolé autant.
Nous avions discuté, shopping, bronzage, garçons et filles.
J’avais eu une pensée pour Andreas, rencontré cette semaine à la bibliothèque, mais j’avais était sortie de ma rêverie féerique par un verre de boisson à la pèche que je venais de découvrir mais qui se trouvait être un vrai délice.

Épuisée, mais contente de cette soirée forte en scoop et potins, je redescendais les escaliers, éclairés par les lumignons automatiques de la résidence. Il fallait que je respire un peu, pour me remettre les idées en place, et retrouver un peu le calme avant de rentrer à la maison.
J’allais marcher un peu dans la rue dehors, avant de me volatiliser devant ma chambre.
En ouvrant la porte de l’immeuble, le calme était présent. En même temps, vu l’heure qui pouvait se promener? Ma réponse fut: une dame à quatre pattes qui venaient de balancer ses chaussures, près d’un banc, vers lequel elle se dirigeait.
Elle arriva bien tant que mal à se hisser dessus, se laissa basculer contre le dossier et sortit de son sac un serviette. Elle s’essuyait les mains et l’avant du bras.

Je réprimais un petit sourire et en fille bien élevée, je voulais vérifier qu’elle allait bien.
Enfin la question avait certainement sa réponse. On ne traverse pas la rue en rampant quand tout va bien.

Je m’approchais du banc, et en ayant fini de fouiller dans mon sac, je sorti une lingette désinfectante et lui tendais.

Ça sera sûrement plus efficace. Vous êtes blessée? Vous avez chuté? Tout va bien ?

Je m’asseyais à ses côtés.


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Willow F. Anderson

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MessageSujet: Re: Sounds like a very bad day || Crystal A. Blake   Dim 21 Sep - 23:12




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J’aime à dire que je suis ce qu’on appelle une « fumeuse sociale ». Depuis mon adolescence je n’ai jamais vraiment fumé que lorsque j’étais avec des amis. Ça ne veut pas dire que je le faisais pour paraitre cool ou sortir du lot, puisqu’en fait tout le monde fumait, mais seulement que je n’en ressentais absolument pas le besoin en dehors de ces occasions. J’achetais parfois des paquets de cigarettes avec mon argent de poche, me passant de magazines que je n’affectionnais pas vraiment, et les cachais dans mon tiroir à sous-vêtements, m’assurant ainsi que ni mon frère ni mon père ne tomberait dessus par hasard… ou alors ça aurait été vraiment super glauque. Et ça n’est jamais arrivé, mon frère passait trop de temps avec ses animaux – parfois en ma compagnie – et mon père est l’homme le plus droit que je n’ai jamais rencontré. Le seul risque qu’il restait était donc ma belle-mère. En soi, un risque énorme car à n’importe quel moment d’inattention elle aurait pu le découvrir rien qu’en l’entendant dans ma tête. J’avais trouvé une solution néanmoins, j’avais été la trouver, un après-midi qu’elle pliait le linge fraichement lavé pour l’aider et au moment de ranger le tout dans les chambres, je lui ai proposé de m’occuper de mon linge et lui ai suggéré de le laisser, à l’avenir, simplement sur mon bureau quand je n’étais pas là pour l’aider. N’étant pas quelqu’un de paranoïaque – comme moi par exemple – elle a seulement accepté en souriant. C’était un mal – je parle du mensonge – pour un bien car ça n’a été qu’un début à mon aide dans les tâches de la maison. Ensuite je me suis juste appliqué à ne pas penser aux cigarettes en sa présence, ce qui était très facile. Et si un jour elle a appris que je fumais, elle ne m’en a jamais fait la remarque. Peut-être qu’un jour je me risquerai à lui demander.
À l’époque, j’étais une « fumeuse sociale » mais depuis que je travaille je fume de plus en plus… je bois aussi de plus en plus mais c’est un autre deal. Après une dure journée, c’est soit une cigarette, soit du chocolat… et je n’ai malheureusement pas toujours de chocolat, comme maintenant, donc une cigarette c’est très bien. Mais le jour où je devrai retourner en hôpital et arrêter de fumer pendant deux à quatre semaines… là le chocolat deviendra encore un peu plus mon meilleur ami… Je devrais peut-être me calmer… pour les clopes et le chocolat… non pas le chocolat, c’est trop bon le chocolat.

Je frotte encore mon bras, me disant que de toute façon il me faudra prendre une douche en rentrant chez moi, quand j’aperçois une silhouette du coin de l’œil. Elle me parait très grande et je m’apprête à paniquer quand je me rends compte qu’il s’agit en fait d’une jeune fille. D’instinct je regarde ses pieds pour voir combien de dizaines de centimètres de talon elle porte, mais non, même pas… je me sens petite tout à coup. Elle s’approche de moi et quand elle arrive devant moi, elle me tend une lingette sortie de son sac.

« Ça sera sûrement plus efficace. Vous êtes blessée ? Vous avez chuté ? Tout va bien ? »

Un peu surprise, je prends la lingette alors qu’elle prend place à côté de moi. Je la regarde un instant, est-ce qu’elle m’a vu ? Est-ce qu’elle m’a vu ramper par terre comme un cancrelat ? Non parce que si c’est le cas je vais retourner par terre en espérant trouver un trou assez gros pour m’y glisser. Oui j’ai dit que je me fichais qu’on m’ait vu mais… je pensais qu’au pire ce serait quelques crétins ou une vieille peau, pas une fille qui, en plus, m’offre une lingette pour me nettoyer le bras. Bon, puisqu’elle me demande si je suis tombée, peut-être qu’avec un peu de chance elle ne m’aura pas vu marcher à quatre pattes par terre. Me reprenant, je jette ma vulgaire serviette dans mon sac – je me retiens de la jeter par terre mais si j’ai affaire à une écologiste je risque de me faire houspiller –.

« Merci, souffle-je d’abord. »

Je nettoie correctement ma peau et pousse un petit soupir de soulagement, la douche sera toujours de mise mais j’ai un peu moins l’air d’une clocharde. N’empêche, que fait une fille toute seule dehors ? Non moi je ne compte pas, je travaille de nuit, mais ça n’a pas l’air d’être son cas. On doit avoir le même âge en plus.

« Hum… ça va, je suis juste maladroite. Le putain de talon de ma chaussure a cassé c’est tout et je suis tombée le cul par terre… et c’est même pas le pire moment de ma journée. »

Je n’ai aucune honte à être vulgaire devant les gens, absolument pas. Je fourre la lingette dans mon sac.

« Et c’est pas la peine de me vouvoyer, on doit avoir le même âge, non ? »

Je reporte mon attention sur la jeune fille pour observer son visage. Même en étant légèrement imbibée je vois qu’on a le même âge… elle est peut-être même plus vieille que moi d’un an ou deux, non ? C’est qu’elle est grande… bon ça veut rien dire sur son âge mais enfin. Je me fige alors et plisse légèrement les yeux. Putain l’alcool c’est pas bon pour ma vision des choses… dit celle qui vient de se casser la gueule sur des pavés je sais je sais.

« Dis, on se serait pas vu quelque part ? »

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Crystal A. Blake

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MessageSujet: Re: Sounds like a very bad day || Crystal A. Blake   Lun 22 Sep - 15:15




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Me voilà rassurée, elle parle donc tout va bien. Du moins, rien de grave.
Rien de grave qu’un accident de talons aiguilles. C’est assez cocasse, et la fatigue me rend guillerette, je souris.
Elle a l’air d’avoir un sacré caractère, et un sacré vocabulaire.
Sans dire que j’ai eu un père tyrannique à ce niveau là, j’ai forgé grâce à lui et à ma vie, un langage un peu plus soutenu que ce que cette femme vient de m’offrir. Quoi que si j’étais tombée de la hauteur de mes talons, je ronchonnerais pareil, les gros mots en moins.
M’enfin chacun son caractère et je dirais que c’est un tout, ça va drôlement bien avec l’ambiance. Elle garde une politesse qui est tout à son honneur: elle ne m’a pas envoyé balader. Si si je vous assure, les gens ne sont tellement plus habitués à ce qu’on leur rendent des services qu’ils en oublient que parfois, l’aide que l’on propose c’est juste parce qu’on est gentil.

"et c’est même pas le pire moment de ma journée."

On peut faire pire? Oui qu’elle question, on peut toujours faire pire, comme on peut toujours faire mieux, une question de volonté.

« Et c’est pas la peine de me vouvoyer, on doit avoir le même âge, non ? »

Je la regarde plus attentivement, et malgré son air renfrogné et je dirais quelques peu éméché, je lui donne raison.
Enfin, je lui fais confiance, je suis toujours aussi mauvaise pour estimer l’âge des gens.
Cette remarque me mets à l'aise.

Je me demande d’où elle sort? De soirée? D’un bar? En tout cas, elle n’a pas bu que de l’eau mais cela ne me dérange pas.
Dirons nous que même si je ne bois pas, il m’est arrivé de tomber parfois sur des personnes alcoolisées, à plus ou moins haute dose, et que je gère la situation comme je le peux, et que ça s’est souvent relativement bien passé.

“Vous.. tu rentrais ?”

Je la regarde, attendant une réponse, et je la vois, à essayer de se concentrer, plisser les yeux.
Elle a de grands yeux, et son visage est presque enfantin, malgré cette tenue qui lui enlève toute innocence de jeunesse et quand elle ne fait pas cette grimace.
Soudain, je mets ce visage dans un autre contexte.
Je l’ai déjà vu.
Et sa question me le confirme: « Dis, on se serait pas vu quelque part ? »

Je réfléchis, je lui retire visuellement tout ses apparats de soirée, je lui mets un autre sourire que celui un peu léger qu’elle a aux lèvres actuellement.
Quand je réfléchis comme ça, j’ai les doigts qui frétillent, quand je réfléchis encore plus intensément, parfois je claque des doigts.

“Mlle Anderson, c’est ça ?”

J’espérais ne pas me tromper, mais je la remets, dans le contexte de notre première rencontre.
Ce matin, lors de ma livraison, c'était le nom sur le paquet que j'ai livré de la part d'Adana. Elle est la femme qui m’a ouvert, un mug à la main et une toute autre coiffure.
Voilà deux belles facettes complètement différentes. Un peu comme le jour et la nuit.
Elle est donc écrivain ? Wahh j’aime beaucoup, même si du coup, l’image actuelle qu’elle m’offre l’éloigne complètement de l’idée de l’auteur que j’avais.

“Je suis le coursier de ce matin, je vous.. t’ai remis un manuscrit, contre un sourire et une signature.
Du coup, tu n’habites pas trop loin, même si ce n’est pas la rue à côté.
Tu peux marcher? Je peux te raccompagner si tu veux. Histoire d’être sur qu’aucun autre vilain pavé se mettra en travers de ton chemin, et ouvrir toutes les portes sadiques qu’il faudrait tirer, alors que ça fait bien dix minutes qu’on essaye de les pousser.”


J’avais toujours envie de détendre l’atmosphère et parfois, j’essaye de faire un peu d’humour.
Certains se vexaient, d’autre ne relevaient pas, et certains parfois souriaient discrètement.

Et là je voulais faire en sorte que le moment, bien que "pas le pire de sa journée”, ne le devienne pas et qu’elle rentre tranquillement chez elle, sans autres mésaventures.
Après tout, je ne faisais pas un gros détour, et je ne sais pas ce que loin veut dire.
Ce genre de remarques à moi-même me fait sourire.
Apparemment, elle avait eu sa dose pour aujourd’hui, autant lui faciliter le retour.


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Willow F. Anderson

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MessageSujet: Re: Sounds like a very bad day || Crystal A. Blake   Mer 1 Oct - 0:11




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Je ne suis pas physionomiste. Je ne suis pourtant pas du genre à ne pas faire attention aux personnes qui m’entourent et que je côtoie, je serais même capable de donner des détails infimes sur certaines personnes que je connais bien. Mais évidemment, il y a des moments où on ne fait pas attention. L’aurais-je croisée au supermarché ou bousculée dans la rue, son visage – par ailleurs ravissant – n’aurait pas eu le temps de s’imprimer dans mon esprit. Quand je sors, je suis souvent pressée. Pressée d’arriver où je dois me rendre pour ensuite rentrer chez moi très vite. Bon, je ne sors pas systématiquement de chez moi en me disant « j’ai tellement hâte d’être ce soir et de retrouver mon appartement, Cookie, Nougat et Muffin », parfois quand je vais au travail, je le fais avec enthousiasme parce que j’ai envie de voir certaines personnes, quand je prévois de sortir avec des amis j’espère passer la nuit la plus longue et la plus excitante de toute ma vie… mes espoirs ne sont pas toujours comblés mais j’ai la niaque, et quoi qu’il en soit je passe de bons moments avec mes amis ou les gens que je rencontre durant ces soirées.
Serait-ce possible que je l’ai rencontrée un soir dans un bar ou un club sans m’en souvenir parce que j’aurais trop bu et donc pour la seconde fois que nous nous voyons je suis de nouveau ivre et elle va définitivement croire que je suis une pochtronne ? Pourquoi pas, je suis certaine que ce ne serait pas la première fois que ça m’arrive.

« Mlle Anderson, c’est ça ? »

Je hausse les sourcils. Non, impossible que je l’ai simplement rencontrée dans un bar ou un club, je ne me présente pas avec mon nom de famille à des inconnus, il m’arrive même de ne pas donner mon vrai prénom quand il s’agit de personnes que je sais que je ne reverrai pas ou ne désirerai pas revoir. Alors d’où puis-je la connaître ? Si elle connait mon nom de famille alors ça doit être de façon plus ou moins « officielle », en tout cas quelque chose de sérieux… et donc me retrouver ivre devant elle est soudainement beaucoup moins anodin. C’est que je ne voudrais pas avoir une réputation de soularde alors que ce n’est pas la réalité, je ne suis pas assez bête pour être alcoolique, j’ai des buts dans la vie.

Ma légère panique se calme quand la demoiselle me dit être la coursière qui m’a apporté mon manuscrit ce matin. Ah tiens, maintenant qu’elle le dit, je la remets. Mais c’est vrai que lorsqu’elle est arrivée, je n’avais d’yeux que pour cette imposante enveloppe qui me renvoyait mon rêve en plein visage. L’alcool m’aide néanmoins à lâcher un rire quand elle parle des portes. C’est vrai que rentrer seule chez moi se révèlera sans doute périlleux, cela dit ça m’embête un peu de lui accaparer son temps alors qu’elle aussi doit vouloir rentrer chez elle.
Je tire sur ma cigarette et tourne la tête pour ne pas lui envoyer ma fumée au visage, puis je me cale de nouveau contre le dossier comme si c’était la chose la plus confortable que j’ai jamais connu alors que c’est bien loin d’être la réalité.

« Il est tard, tu devrais plutôt rentrer chez toi sans plus tarder. Il y a parfois des gens louches – et je sais de quoi je parle – dans les rues, ce serait bête que tu aies des ennuis parce que tu n’as pas tout de suite pris le chemin pour chez toi. »

Dire ça alors que je suis presque prête à dormir sur ce banc le temps d’être certaine que mon taux d’alcoolémie va baisser à un niveau qui me permettra de rentrer chez moi de façon un peu plus digne que la façon dont je me suis trainée sur ce banc ne semble pas très sincère, mais je suis sûre que c’est une gentille et douce fille qui n’a pas besoin de risquer quoi que ce soit à cause d’une ivrogne trouvée sur un banc et qui n’arrive même pas à faire un premier pas en direction de son rêve.
Rien que de repenser à mon manuscrit, je pourrais me mettre à pleurer comme une madeleine – quelle expression idiote, les gâteaux ça ne pleure pas… si ? –.

« Je vais rester là un petit peu, je ne voudrais pas m’écrouler sur toi en chemin parce que mes jambes ne me supporteront plus. » Je ris à nouveau. « Il vaut mieux que j’attende d’être sûre que personne d’autre que toi ne me verra dans cet état. »

J’ai rarement honte de moi mais là j’avoue que ça craint quand même. Et je suis dans une ruelle assez peu fréquentée pour ne pas craindre qu’une autre personne me trouvera ici.

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Crystal A. Blake

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MessageSujet: Re: Sounds like a very bad day || Crystal A. Blake   Mer 1 Oct - 21:58




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Au moins, elle sourit. Et ça lui va à ravir. Vraiment charmante, bien que son air éméché la laisse un peu légère. Je vois qu’elle me remet, mais je ne pense pas que ce soit sa préoccupation principale. Qu’elle importance peut-elle accorder au hasard dans une situation pareille? Moi j’aime beaucoup analyser chaque situation, et je ne laisse que peu de place à la chance. Je ne sais pas si le courrier de ce matin était une bonne nouvelle, mais j’espérais dans ma bonté habituelle que prendre un instant pour elle et la raccompagner lui fasse plaisir.
Je fais mes B.A comme dit papa, tellement naturellement et très souvent avec plaisir que j’espère vraiment que les gens acceptent mon aide quand je leur propose, sans le prendre comme malintentionné ou autre.
Elle n’a pas l’air pressée, comme si l’heure déjà tardive et l’alcool avait déjà ralentit son espace temps. Et je trouve ça sympa, que par son attitude, elle englobe la vitesse du mien.
Elle redonne son sens à la nuit, et après tout qu’est ce qui nous presse? Les carrosses citrouilles ont déjà filés sans nous, à quoi bon se dépêcher. Je la vois prendre place plus sereinement, en se calant au fond du banc, prenant soin de ne pas diriger la fumée de cigarette vers moi.

Elle s’inquiète pour moi, de me faire rentrer tard. Si elle pouvait savoir qu’en un battement de cil, je peux me retrouver dans mon lit, elle serait certainement moins gênée par l’idée que je prenne un moment pour la raccompagner. Et d’un autre côté, si elle venait à le savoir, ne me considérerait-elle pas comme un monstre? Je veux dire par là, que la réalité est bien moins rose que notre banc dans le calme de la nuit. Il reste tout ces gens qui détestent les mutants. Cette surveillance, nos bracelets. Peut-être qu’elle fait parti de ceux qui nous considèrent comme des erreurs de la nature.

Les seules choses un peu suspectes que j’ai croisé dans ma soirée, ont été la couleur du contenu d’un des verres de mon amie à son repas ce soir, et une jolie fille, s'entraînant au parcours du combattant, en rampant au sol dans la rue. Je pense que je n’ai rien à craindre de plus !

Je me voulais encore souriante et presque blagueuse, car je voyais qu’elle répondait à mes sourires et mes phrases stupides, par des petits rires simples et légers mais qui rendent les instants moins dramatique. Moi aussi, j’ai besoin de sourire simplement parfois. Je n’en ai pas toujours l’occasion, et encore moins avec des inconnu(e)s.

« Je vais rester là un petit peu, je ne voudrais pas m’écrouler sur toi en chemin parce que mes jambes ne me supporteront plus. » Je ris à nouveau. « Il vaut mieux que j’attende d’être sûre que personne d’autre que toi ne me verra dans cet état. »

Elle prend place dans ce banc, comme si elle pouvait s’enfoncer dans le dossier indéfiniment.
Dans son état, elle doit y trouver confort, sommaire, je vous l’accorde, et sécurité. Petite cachette qu’elle seule peut voir, qui lui permet de dissimuler la gêne qui la tient depuis que mes yeux l’on croisé, se déplacer au sol, sur les pavés.
Mais je ne juge pas, et moi non plus d’ailleurs, je n’ai pas envie de rentrer. C’était déjà le cas, quand je suis sortie de chez Jade.

Moi je vote pour une bonne note de confort pour ce banc. Va pour que tu restes ici, mais je reste avec toi ! Et quand tes jambes, auront décidés qu’il est l’heure, alors nous prendrons le chemin toutes les quatre, tes jambes et les miennes,  t’aider à trouver un repos que je suppose bien mérité”

Je ne lui laissais pas le choix. Il serait stupide de ma part de la laisser là, à comater. Elle changera d’avis dans un moment et réclamera son lit, quand elle verra que le banc, ce traître, n’est fait que d’acier et de formes inconfortables.
Je ne suis pas pressée, même la fatigue a continué son chemin. Alors qui pourrions-nous croiser dans cette rue, vu l’heure? Et après tout, qu’est ce que cela peut nous faire?

Je regardais le ciel, cette rencontre me rendait sereine, son espoir dans son état, me fascinait. Certains auraient tout abandonné, laissant l’alcool les abattre au plus bas. Non, elle, son visage rond, ses grands yeux, ne renonçait pas. Ne clamait pas fierté d’avoir passée une soirée de merde, mais n’avait visiblement pas l’envie de se suicider en sautant du haut du trottoir. Elle avait une lueur qui brillait dans ses yeux, derrière les brumes de l’alcool.
Une lueur, qui me donnait envie de voir, si dans la nuit, l’on trouvait étoile qui brillait autant.

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Willow F. Anderson

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MessageSujet: Re: Sounds like a very bad day || Crystal A. Blake   Lun 6 Oct - 21:49




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C’est vrai que je n’ai pas pour habitude de me préoccuper de l’image que je peux renvoyer, pas même au bar où je dois tout de même me montrer sous un jour plutôt aguicheur, et je suis même assez fière d’avoir assez confiance en moi pour ne pas me soucier des inconnus que je croise au fil de mes journées. Les inconnus, non, ne sont pas ma préoccupation première… mais pour être honnête, je n’aime pas que les gens que je connais, ou que je côtoie, se méprenne sur ma personnalité. Alors, autant je me fiche que n’importe qui d’autre puisse me voir dans l’état dans lequel je me trouve ce soir, autant cela m’embête qu’elle m’ait vu crapahuter à même un sol douteux et humide parce que je suis ronde comme une queue de pelle.
La demoiselle me distrait de mes pensées et il me faut bien quelques secondes pour comprendre que la seconde chose suspecte qu’elle a vu, la « jolie fille », c’est moi. Mes joues rosissent de satisfaction dans la pénombre. Je ris doucement, elle dit peut-être ça comme ça, n’empêche que c’est agréable d’entendre ça dans la bouche d’une fille après avoir entendu des commentaires scabreux de la bouche avinée d’hommes « du monde » toute la soirée. Les compliments des hommes ne m’atteignent jamais, les hommes sont si superficiels… c’est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles je préfère la douceur des filles.

Mais bon, mieux vaut que je ne bouge pas pour le moment. Alors que je m’attendais à ce qu’après mon annonce de ne pas vouloir quitter ce banc, de peur de l’ennuyer et de la retarder, elle me dit rester elle aussi. Je hausse les sourcils et l’observe à nouveau. Elle est… plus que ravissante, mais au final je me suis peut-être trompée, elle ne doit pas être plus âgée que moi, sa naïveté trahi sa juvénilité. C’est peut-être, encore une fois, par simple politesse qu’elle estime que j’ai mérité mon repos mais, sérieusement, aucun adulte « bien » m’aurait dit une chose pareille. Une fille tout juste majeure qui se balade en pleine nuit, ivre, habillée de façon plus que suggestive et maquillée comme un camion volé, je connais plus d’une personne qui m’aurait mis une étiquette peu glorieuse sur le front par ce simple constat. Ou peut-être que je vois le mal partout… ah qui sait ?

« Tu es marrante, soufflé-je, un sourire évident dans la voix. Et un peu insouciante aussi, mais soit, si tu veux me tenir compagnie, je ne te chasserai pas. »

Une compagnie féminine qui n’est pas l’une de ces fadasses du bar – ouh quelle langue de p… vipère je fais ! –, je serais idiote de la refuser, et puis ça me laissera peut-être le temps de me reprendre un peu pour embellir un peu l’image qu’elle doit avoir de moi maintenant.
Je baisse les yeux sur mes pieds nus… enfin presque nus, car je porte des bas blancs qui… ne sont plus vraiment blancs d’ailleurs avec le gadin que je viens de me manger. Soupirant, je remonte ma jupe de quelques centimètres pour les enlever l’un après l’autre.

« Beurk, je suis bonne pour m’en racheter une paire demain… c’est fou ce que les hommes peuvent être fous des bas, ça leur fait un de ces effets… c’est bien le seul accessoire qui les excite quand on les met. Je comprends pas, aucune de mes copines n’a jamais fait de cas de me voir mettre des bas ou des collants… je comprendrai jamais les hommes décidément. »

Et je préfère ne pas les comprendre pour être franche, enfin c’est pas comme si c’était difficile de les exciter, vu le nombre de pédophiles qui trainent. Enfin… J’essore les pieds humides de mes bas avant de les rouler en boule pour les lancer dans la poubelle à côté de nous, je vais certainement pas m’amuser à essayer de les détacher, ce serait peine perdue.
Soudain, je me rends compte de ce que je viens de dire et, surtout, de ce que ça pourrait sous-entendre pour un esprit mal tourné. Admettant que la demoiselle est droite dans ses chaussettes, je décide de changer rapidement de sujet. Jetant mon mégot sur le sol mouillé, je relève les yeux vers la livreuse en souriant.

« Bon, puisque tu connais mon nom, mon prénom et mon adresse, il serait peut-être juste que tu me dises comment tu t’appelles toi aussi, non ? »

Assouvir ma curiosité m’aidera sans doute à penser à autre chose que mon ébriété et mon manuscrit rejeté, et avec un peu de chance je ne la retiendrai pas dehors trop longtemps… parce que c’est pas sûr que ça ne se remette pas à pleuvoir.

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Crystal A. Blake

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MessageSujet: Re: Sounds like a very bad day || Crystal A. Blake   Mar 7 Oct - 22:41




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Je la regarde en souriant. Ce calme, ça me change réellement.
La lumière du réverbère me fait douter de l’heure mais les nuages qui assombrissent le ciel eux, ne laisse planer aucun doute. Une autre averse dans la nuit.
Profitons de notre banc, tant que nous sommes au sec et quand je sentirais le vent tourner, j’essayerai de la convaincre que sa couette sera plus chaude que cette soirée humide.
Ses petits rires sont presque enfantins et derrière toute la mise en scène établit par sa tenue et son maquillage, je suis sur qu’une fille adorable s’y cache.

Je ne sais pas si, c’est le fait de nous retrouver là toute les deux, seules qui me fait penser autant, mais j’ai le temps de regarder chacun de ses traits. Soudain, je vois que ses joues rougissent légèrement. En espérant que ce ne soit pas ma présence qui la gène.
Elle me regarde aussi, mais nous sommes en décalage, comme si nous croyons l’une et l’autre que nous faisons ça discrètement

Puis doucement dans ce silence, naturellement, elle me dit:

« Tu es marrante. Et un peu insouciante aussi, mais soit, si tu veux me tenir compagnie, je ne te chasserai pas. » .

Je crois que je suis naïve en général, je suis un bisounours qui voit le bien partout et surtout dans ses grands yeux. Au moins, elle ne me craint pas. Papa me répète constamment que le monde est bourré de gens malveillants. J’aurais du mal à la classer dans ce genre de personnes.

Elle baisse les yeux et regarde ses jambes. Sa balade au ras du sol, n’a pas été une partie de repos pour ses bas.
Je ne suis pas une addict du shopping, mais j’apprécie les sessions achats avec mes copines. Je sais être féminine, quand il le faut, mais ce n’est pas souvent. Je préfère le confort. Et personne à qui plaire. Je repense à la seule personne qui pourrait avoir un avis sur la question, et encore. Andreas ne doit pas attacher d’importance à l’apparence physique. Mais dans sa tenue de cendrillon moderne et ses bas de combats, la jeune femme a quelque chose de séduisant. Je suppose que comme mon amie Jade, elle ferait craquer n’importe qui, rien qu’avec son doux visage. La tenue n’est qu’apparat pour ce monde qui vous demande strass et paillettes quand vous êtes de sortie.

Je la vois remonter un peu sa jupe. Malgré moi, ce geste me fait rougir. Elle a de très belles jambes, et des mouvements qui restent élégant malgré son ébriété. On dirait une femme, alors que je ne dois avoir l’air que d’une adolescente, sortant d’un ciné ou d’un soirée pyjama entre copines. Voilà, ce qui la fait penser que je devrais déjà être rentrée. Je suis de quelqu’un d’assez mure, mais mon insouciance, me trahit parfois.
J’ai l’impression que sans tout ça, nous serions deux jeunes femmes, exactement pareil, avec peut-être les mêmes soucis. Ceux de notre âge.
Elle retire ses bas, et me pose son avis sur la relation entre les hommes et ses morceaux de nylons. Elle n’apprécie pas leur nature. Je ne saurais me positionner sur la question. Je suis blanche comme neige, et me dit que chaque être humain à un bon fond, même les pires hommes. Je vis dans un monde protégé, que mon père a crée. Je ne me rends pas compte de la réelle cruauté de cet univers qui nous entoure. Et j’ai quasiment toujours rencontré que des gens biens dans ma vie. Ce qui n’a pas l’air d’être son cas. Je me demande comment on peut vouloir faire souffrir ou blesser un visage si tendre, un sourire si agréable.
J’ai l’impression de voir en cette femme, une version de moi, moins cocoonée par la vie.
Je ne dis rien, et je n’ai pas l’expérience du fantasme homme-bas, cependant,, je trouve moi aussi que ce mouvement est plaisant. Il révèle la grâce de sa peau, préservée par ces bas. Et cette petite ode à la féminité lui pardonne son taux d’alcoolémie. Je sors l’idée des bas de leur contexte, car je trouve que la femme est poésie. Elle m’inspire souvent dans mes dessins.
Je m’abstiens de lui confier mon avis sur la question finalement.  Je ne voudrais pas qu’elle me prenne pour une féministe. Ce que je ne suis pas, je suis juste une grande admiratrice des beautés de la nature.
Elle se débarrasse de ses bas, et je ressors des rêveries qu’elle m’inspire, tirée par sa voix et sa question.

« Bon, puisque tu connais mon nom, mon prénom et mon adresse, il serait peut-être juste que tu me dises comment tu t’appelles toi aussi, non ? »

" Je m’appelle Crystal, et ne t’inquiète pas, je vis à deux pas. En tout cas enchantée, même ravie de faire ta connaissance.

Et voilà Crystal, et son éternelle sincérité.

Je sortais d’un dîner entre copines et toi?

Le ciel gronde doucement mais je n’y porte pas attention. Quand je suis seule, l’agalée ne me gène pas, je ferme les yeux et je me retrouve à la maison.
Je n’ai pas le réflexe de penser que là à l’instant présent, s’il venait à pleuvoir, je ne pourrais que lui proposer ma veste pour la couvrir le temps, d’arriver chez elle. Je suis une piètre marraine la bonne fée, alors essayons au moins de lui être sympathique.

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Willow F. Anderson

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MessageSujet: Re: Sounds like a very bad day || Crystal A. Blake   Jeu 16 Oct - 17:52




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Fait-il froid ? C’est amusant, je ne sens absolument rien, alors que la jeune fille à côté de moi est habillée bien plus chaudement que moi… ou c’est peut-être moi qui suis habillée trop légèrement, mais enfin ça revient au même. Il est pourtant tard, l’air est humide, je le sais même si je ne le sens pas, le sol est trempé – et glissant – les nuages forment un plafond bien trop bas dans le ciel rendant probablement mal à l’aise les personnes claustrophobes, comme si nous étions dans une cage… déjà que nous sommes surveillés…
Je redescends de mes pensées, c’est fou ce qu’elles fusent dans ma tête dès que je suis ivre… je devrais peut-être essayer d’écrire dans cet état, c’est peut-être la clé de mon succès.

« Je m’appelle Crystal, et ne t’inquiète pas, je vis à deux pas. En tout cas enchantée, même ravie de faire ta connaissance. »

Je souris, même son prénom évoque la fragilité qu’elle laisse transparaitre. Ou c’est mon âme de grande sœur qui voit en elle quelqu’un de plus à protéger. Pourtant c’est idiot, une jolie jeune fille comme ça doit être couvée par sa famille comme on préserve un trésor.

« Je sortais d’un dîner entre copines et toi ? »

Je rebaisse les yeux sur mes mains. J’aimerais bien avoir des copines avec qui dîner moi aussi. Avant c’était le cas, mais dans cette ville je ne fréquente que les filles du Gotham et je sais que la plupart ne comprendrait pas le comportement que j’ai dans ma vie privée. Elles sont toutes aussi bêcheuse et provocatrice au naturel, moi c’est tout le contraire. Le Gotham est ma scène de théâtre à moi.
Mais ce n’est pas ça qui me fait détourner les yeux, je n’ai pas honte d’être sélective dans le choix de mon entourage, c’est plutôt que je me demande quoi lui répondre. Si je lui dis que je sors du travail j’ai intérêt à lui assurer que, non, même si ça en a tout l’air, je ne suis pas une prostituée… quoique ça, même certains clients ont du mal à le réaliser.
Nerveusement, je tire encore une fois sur ma cigarette avant de me rendre compte que j’arrive au filtre, je la laisse tomber sur le sol et manque de l’écraser avant de me souvenir que je suis pieds nus… elle s’éteindra toute seule tant pis.

« Je viens de terminer de travailler… enfin on m’a laissé partir. Je suis hôtesse dans un bar du centre. »

Bien que très peu de personnes sachent que le Gotham ait des hôtesses dans son coin VIP d’ailleurs, c’est pour ça que j’ai l’habitude de taire le nom de l’endroit où je travaille. Et comme, devant l’innocence de Crystal, je sens la nécessité de justifier ce job peu glorieux, je m’empresse d’ajouter.

« C’est bien payé. En tout cas ça rapporte plus que l’écriture. »

Je force un rire nerveux à quitter mes lèvres et je me racle la gorge, Crystal n’est sans doute pas assez naïve pour croire à mon amusement.
Le grondement du ciel me fait tressauter, quel temps pourri !

« Ah ce que j’aimerais avoir le don de rentrer chez moi en un claquement de doigt, dis-je en mimant le geste. Ou alors de passer à travers la pluie sans qu’elle me mouille. Tu crois que ça existe ce genre de don ? Les mutants sont tellement cool… »

Et voilà je parle trop. Si ça se trouve, Crystal est totalement contre les mutants et elle va aller me dénoncer aux autorités qui vont aller fouiller dans ma famille pour découvrir que mon petit frère et ma belle-mère sont des mutants. Pourtant pour une raison obscure, je sens que je ne crains rien de ce genre avec elle.
Des bruits se font entendre à quelques mètres, à l’entrée de la rue.

« Ah tiens… quand on parle pas d’eux, voilà les gros pas beaux… »

Ils ont la dégaine de ceux qui représente l’autorité. Droits dans leurs chaussettes noires, les épaules raides, la tête haute. De quoi faire frémir ceux qu’ils croisent… moi aussi parfois, mais pas quand je suis en état d’ébriété. Je ne crains personne avec de l’alcool dans le sang.
Je pensais que ma chute – et mes cris tonitruants – était passée inaperçue mais quelqu’un a dû les appeler pour voir s’il n’y avait pas des délinquants en train de se taper dessus.
Je m’avachis un peu plus dans le banc, s’ils veulent me faire bouger d’ici, il leur faudra utiliser la force. C’est tout juste si je ne leur tire pas la langue comme une gamine pour leur faire réaliser à qui ils ont affaire, bien que j’en reconnaisse un qui m’a, plus d’une fois, demandé mon autorisation quand je rentrais après le couvre-feu en semaine.

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Crystal A. Blake

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MessageSujet: Re: Sounds like a very bad day || Crystal A. Blake   Jeu 16 Oct - 20:24




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Elle sourit quand je lui dis mon prénom. J’ai l’impression que quasiment tout ce que je lui dis la fait sourire.. merci les boissons alcoolisées. Soudain, ce dernier se perd vers le sol. Elle reste comme ça un instant, pensive avant de jeter son mégot sur le sol. Je ne suis pas partisane des fumeurs, et encore moins des gens qui jettent leur déchets au sol, mais passons, je fais ma touriste, je me conforte avec l’idée qu’il va se dissoudre avec la prochaine averse, idée complètement fausse, mais je fais une pause dans ma pensée “sauvons les pandas” et j’active le mode “fous donc la paix à Mlle Anderson” elle a besoin d’une bonne compagnie, pas d’une jeune pseudo écolo à la con. Malgré moi je lui fait un clin d’oeil, comme si son visage affectueux pouvait tout lui pardonner.

Elle me confie qu’elle sort du travail, et me donne la raison du pourquoi de sa tenue. Elle est hôtesse dans un bar. Cela fait tard pour finir de travailler, mais il faut bien gagner sa croûte. J’y avais pensé à ce job avant de réaliser que je pouvais devenir coursière.
Et je suis une marmotte, j’ai besoin de dormir moi.
Elle n’a pas l’air à l’aise avec la confidence qu’elle vient de me faire. Je ne me rends pas compte de ce que représente ce job, mais j’imagine qu’il n’est pas de tout repos. J’ai de l’estime pour ces gens qui travaillent avec des horaires décalés et autant de monde autour d’eux. J’aurais peur de ne pas être à la hauteur si je me lançais là dedans.

Ah ce que j’aimerais avoir le don de rentrer chez moi en un claquement de doigt

J’entends la fin de sa phrase, mais le début me laisse bouche bée.
Je suis assez contente qu’elle ne voue pas une haine envers les mutants, mais sa phrase..

Elle serait télépathe, que je ne m’étonnerais même pas.
A la différence de ce qu’elle a pu dire, je ne claque pas des doigts pour me téléporter. Mais sa réflexion me laisse un peu stupéfaite. Au moins, si je venais à la recroiser, je n’aurais pas peur qu’elle me craigne pour ce que je suis.

Les mutants c’est cool..” je souris à la fin de sa phrase. A vrai dire, je n’en connais que très peu, mais s’ils sont comme moi, alors oui, les mutants, c’est cool ! La modestie n’a pas toujours sa place et j’en rigole. J’ai l’impression que la légèreté de penser de ma voisine de banc est communicative.

Des bruits de pas, me sortent de ma réflexion et stoppe mon envie de rire.
Deux patrouilles s’approchent de nous. Peut-être que notre présence et nos rires bien que discrets ont ennuyés quelques voisins. Enfin, je ne les crains pas particulièrement même si papa m’a conseillé de ne pas m’attarder en leur présence. Ils sont formés pour dénicher les mutants. Souvent je restais complètement neutre. Et je disparaissais assez vite.
Pour ma part, je dirais que c’est possible. Mais Willow n’a pas l’air de cet avis.

« Ah tiens… quand on parle pas d’eux, voilà les gros pas beaux… »

Même si leur uniformes et parfois leurs agissements me font penser la même chose, je pensais que le silence aurait certainement plus convenu. Son état d’ébriété et l’heure tardive n’est pas à notre avantage. Il y a des fois, où j’aimerais me servir de mon nom, de la notoriété de mon père, mais il me l’a interdit. Il m’a dit que certaines personnes n’appréciaient pas ce qu’il faisait, et qu’il craignait que je tombe sur quelqu’un qui pourrait s’en prendre à lui, à travers moi, s’il faisait le lien.
Il m’avait dit d’être fier de lui, de notre nom, d’être ma fille, de ne jamais douter de l’amour qu’il me portait, mais que ma sécurité tenait aussi grâce à ce genre de conseil.
Je comprends, mon père est assez influent, et forcément à l’encontre de certaines choses ou groupes, via sa fonction.

Je vois Willow s’enfoncer dans le banc, pas prête du tout à discuter avec les deux armoires à glace apparemment ou alors prête à leur dire le fond de sa pensée.
Elle fixe un des deux gardes, elle semble le reconnaître et la moue qu’elle fait, ne semble pas annoncer qu’ils soient de grands amis.

Un problème Mesdemoiselles? Ou quelque chose à déclarer?" demanda le garde en question, un sourire sournois aux lèvres.

Je me lève, pour prendre les devants, empêcher comme je peux Willow d’envenimer la situation.

Nous sortons du travail, nous allions rentrer.

Nous allons procéder au contrôle de vos bracelets” annonçait-il avec une voix presque perverse, espérant certainement que nous ne soyons pas en règle, et qu’un peu d’activité égaye leur patrouille.

Si Willow travaillait de nuit, elle devait avoir un laissé passer. Et mon bracelet, une fois contrôlé, annonce via le fichier source à la personne: autorisation spéciale sans afficher mon nom. Et je tirais ce privilège de papa. Une sorte d’option supplémentaire, qu’il m’avait conseillé de ne pas a avoir utiliser trop souvent. Via le terminal de contrôle du garde, il en serait informé, mais je lui expliquerais.

L’homme bredouille et contrarié dans sa recherche examina Willow.

Et je suppose que l’alcool donne à votre amie le droit, en plus de nous attribuer des surnoms plaisants, de ne pas se prêter à ce contrôle” prenant un air supérieur en désignant Willow du menton, comme une chose.

La remarque de mon amie de galère nocturne ne lui avait pas échappé, et il semblait volontaire pour nous chercher des ennuis. Je croisais les doigts pour qu’elle sorte le bracelet de son sac en s’excusant, mais quand je me relate notre discussion jusqu’à maintenant, je ne suis pas sur qu’elle apprécie ce genre d’autorité uniquement basé sur le port d’un uniforme. Et son alcoolémie n'allait sûrement pas me contredire à ce sujet.

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Willow F. Anderson

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MessageSujet: Re: Sounds like a very bad day || Crystal A. Blake   Jeu 16 Oct - 21:29




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Crystal ne semble pas partager ma soudaine envie de rébellion, mon absence de coopération flagrante, mon envie de faire chier le monde autant que je peux lorsqu’une journée ne se déroule pas comme je l’avais prévu comme c’est le cas pour aujourd’hui. Encore une fois, sans doute que si je n’étais pas ivre, cette envie serait moins virulente et elle ne serait surtout pas susceptible de se répandre sur des figures de l’autorité qui pourraient m’immobiliser si je ne me montre pas accommodante. Et si j’étais sobre, je comprendrais que Crystal ne montre pas, aussi élégamment que moi, ma réticence à voir ces crapules plus ou moins intègres. Ceci dit, je ne suis pas non plus assez éveillée pour lui expliquer ma façon de voir ces hommes, ce qui est sans doute la première bonne chose de la soirée.

Je les regarde, comme Crystal, s’approcher de nous d’un air décidé, et je cache un sourire quand je me rends compte qu’ils ont dû entendre ma remarque. Quand l’homme qui m’a plus d’une fois contrôlée s’adresse à nous, Crystal se lève, attirant l’attention sur elle, voulant sans doute désamorcer la situation qui s’annonce épineuse. Je m’étonne alors qu’elle mente, pourquoi dit-elle se trouver dans la même configuration que moi ? Tout à coup je me demande si je suis vraiment capable de lui attirer des ennuis seulement parce que je ne supporte pas que l’on me dise ce que je dois faire. Je n’en suis pas sûre, je me fiche d’avoir des ennuis, mais cette pauvre fille n’a vraiment pas demandé que je lui en crée pour une chose aussi bête que quelques grammes d’alcool dans le sang. Je regarde l’homme contrôler le bracelet de ma compagne de banc, réprime un soupir en voyant qu’il n’a pas ce qu’il veut. Je suis prête à me montrer douce et calme, agréable jusqu’au bout des ongles jusqu’à ce que l’homme prenne un ton impérieux avec moi.

« Et je suppose que l’alcool donne à votre amie le droit, en plus de nous attribuer des surnoms plaisants, de ne pas se prêter à ce contrôle. »

Je plisse les paupières, je n’aime pas que l’on me parle sur ce ton, et encore moins que l’on parle de moi à la troisième personne alors que je suis là et que j’entends tout. Pour qui se prend-il ce balourd ? Son statut ne lui donne aucun droit de me traiter comme une moins que rien, je ne laisse personne le faire et ce n’est certainement pas le dernier petit-ami de ma mère qui prétendra le contraire.
Les deux hommes sont à présent tournés vers moi, je voudrais presque dire à Crystal de partir mais j’ai peur que, d’un, ils l’en empêchent, et de deux, qu’ils se doutent de ce que je vais leur en faire baver.

« Parce que vous pensez vraiment que je vais porter ce genre de bracelet avec ma tenue !? Sérieusement, ça jure un max ! »

Et puis ça enlève en sensualité d’avoir ça au poignet quand on se déhanche pour les clients, et ce crétin le sait parfaitement. Non, il ne fait évidemment pas partie des clients VIP du Gotham, mais il sait très bien que j’y travaille, et ce que j’y fais. Je décroise lentement les jambes, écartant négligemment – et de façon ‘à peine’ provocante – avant de les recroiser à l’inverse, et ceci tout en regardant le garde dans les yeux.

« Montrez-nous votre bracelet, Mademoiselle ! »

Le ton monte légèrement, il pense sans doute me faire peur mais le petit éclat nouveau dans son regard ne trompe personne, en tout cas pas moi. Je croise les bras sur mon sac à mains, me demandant s’ils seraient capables de me l’arracher pour regarder dedans.

« Tu m’as assez demandé ce bracelet pour savoir que j’ai la permission d’être dehors à cette heure ! »

J’utilise volontairement une voix sexy, ce qui est bien loin de mes habitudes, décidément l’alcool me va mal, et va m’attirer des problèmes si je ne m’arrête pas tout de suite.
Il tend le bras d’un geste rageur, me foudroyant du regard, essayant une fois encore de me faire peur, mais j’éclate d’un rire incontrôlé. J’attrape mon bracelet et le glisse dans mon soutien-gorge sans même leur laisser croire que j’allais leur donner.

« Si vous le voulez, vous avez qu’à venir le chercher ! »



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Crystal A. Blake

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MessageSujet: Re: Sounds like a very bad day || Crystal A. Blake   Ven 17 Oct - 19:52




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« Parce que vous pensez vraiment que je vais porter ce genre de bracelet avec ma tenue !? Sérieusement, ça jure un max ! »

Départ des festivités donné ! Si j’avais autant de courage et peut-être quelques grammes, je pense que j’aurais eu ce même culot. Je ne peux pas lui en vouloir quand on constate ce peu de considération de la part des hommes de surveillance. Les uniformes ne m’impressionnent pas et ce n’est pas une excuse pour intimider les gens. M’enfin, je suppose qu’il ne faut pas se leurrer, même si Willow était restée silencieuse, ils ne nous laisseraient pas partir comme ça.

Je la regarde, elle a l’air plutôt convaincu de ce qu’elle fait. Moi je dois avoir l’air un peu soucieuse, quoi que soudainement étonnée quand je la vois croiser les jambes de cette façon face aux gardes. Je rougis, autant par pudeur que pour me retenir de rire. Si je ne réalisais pas les risques que nous encourions, j’aurais rigolé.

Il veut faire les gros bras, qu’il fasse, je ne me sens pas plus impressionnée que ça.. en même temps, ils m’ont complètement oublié.  alors que le plus gros problème dans l’histoire c’est moi.. Je suis une mutante..
Pour le moment, c’est leurs fiertés qui passaient avant leur missions. Ils essayaient de récupérer par tout les moyens possible l’identité de mon amie. Tant qu’ils “ignoraient” qui nous étions, alors nous avions une chance d’être tranquille. Mais ils n’avaient pas l’air de vouloir lâcher l’affaire. Et là, où nous avions mes mots pour nous défendre, la ville les dotait de quoi nous maîtriser. Des armes anti-mutants, comme d’autres plus conventionnelles. La matraque et le taser s’affichaient de manière bien distincte à la ceinture des soldats. Bien que vu nos petits bras musclés, les leur pourraient suffire à nous contenir et nous emmener au poste de surveillance le plus proche.
Il ne fallait pas que nous allions jusque là. Pas que je craigne pour mon image de gentille petite fille, qui s’est évaporée à l’instant même où il a haussé le ton, mais pour mon pouvoir et pour mon père. Je me devais d’éviter de faire des vagues. Mais convaincu de l’injustice présente, je ne laisserais pas tomber Willow, qui n’avait décidément pas envie d’être docile.

« Montrez-nous votre bracelet, Mademoiselle ! »

« Tu m’as assez demandé ce bracelet pour savoir que j’ai la permission d’être dehors à cette heure ! »

Je la vois serrer son sac contre elle, son bracelet à l’intérieur, bien décidée à ne surtout pas lui donner. Ils n’allaient tout de même pas lui arracher de force?
Je le vois tendre le bras vers elle, le visage doucement déformé par la colère.
Ce n’est plus un duel de regard, il y en a un qui va manger l’autre incessamment sous peu..
Je me suis rapprochée du garde, pour m’adresser à lui.

“Restons calme, je vais vous le récupérer.”

Je pensais que Willow serait plus docile avec moi, enfin j’espérais.
Dans son état, et la provocation ambulante que représentait la jeune femme, le garde n’avait que faire de mes mots, si bien qu’il claqua des doigts, et son collègue me tira en arrière et me tint fermement.
J’étais assez surprise. Je voulais désamorcer la situation et voilà qu’on me retenait comme une pseudo-fugitive.

“Mais, mais ! lâchez moi!”

Je soupirais un bon coup, ayant essayé vainement de donner un coup d’épaule dans le vent pour me libérer.

Willow éclate de rire, en continuant de fixer le garde. Je la regarde complètement stupéfaite, même si malgré l’étreinte musclée, j’ai aussi envie de rire. Elle vient de glisser son bracelet dans son soutien-gorge, prenant la voix la plus sexy qu’il m’est arrivé d’entendre jusqu’à présent.
Il franchit l’espace qui le sépare de la jeune hôtesse. Sa main vient plaquer l’épaule de Willow au banc dans une violence qui me file un frisson. Je le vois lever son autre bras.

“Je vais te montrer comment je m’occupe des petites arrogantes dans ton genre !”

Il ne va pas la frapper quand même?
Sans réfléchir, sans penser aux conséquences et face au tendre visage de Willow, je n’ai pas pu me retenir. J’ai fermé les yeux, je me suis retrouvée en un instant à côté de Willow, et j’ai eu assez de réflexe pour la tirer vers moi, de justesse, avant que je ne vois le poing de l’homme la frôler.

Elle n’a pas le temps de réagir, en tout cas à cause de l’alcool, pas aussi vite qu’eux. Le garde qui me tenait ne comprends pas trop ce qui s’est passé et son collègue envahit par la fureur, et déséquilibré par son geste dans le vide, manque de se prendre le coin du banc au milieu du front.

Je me redresse et tire comme je peux ma complice pour qu’elle me suive.
Même si je courais plutôt vite, je ne suis pas sur que nous aurions le dessus sur eux.
Je n’ai qu’un instant pour réfléchir, tenant Willow par le bras.
Une idée me traverse l’esprit, je ne vois pas vraiment d’autre solution, mais je ne suis pas sur d’en être capable.. Je ne connais pas même pas les conséquences de cette décision sur autrui. Et si ça la blessait…? mais je ne peux pas la laisser ici.. Un coup d’oeil aux gardes, me force à me décider.
Celui qui me retenait a sorti son taser, et l’autre s’est relevé pour nous bondir dessus.

Je murmurais un “Excuse moi” avant d’enlacer Willow, une étreinte si forte, qu’elle me surprit moi-même. Dans l’élan, je perdis l’équilibre.
Je fermais les yeux pour deux, en lui ordonnant s’accrocher.

Mes téléportations me semblaient toujours très rapide.
Mais là, j’ai eu l’impression qu’elle durait des heures  quand soudain, comme happées vers le sol, nous atterrissions lourdement. J’eu le réflexe de tenir Willow contre moi, tenant avec ma main, sa tête dans le creux de mon épaule et de me tourner comme je pouvais, pour amortir sa chute.

Dans un bruit sourd, je venais cogner ma tête contre un mur.
Je crois que c’est la réflexion du mot “mur” qui me surprit le plus et me fit ouvrir les yeux.
Je regardais le plafond, un peu sonnée et épuisée. Une faible lumière s’était déclenchée à notre arrivée.
Nous étions dans un couloir. J’essayais de me redresser pour voir comment allait Willow.

“Willow? Est ce que ça va ?”

J’avais réussi. Nous étions devant la porte d’entrée de l’appartement de la fille que je tenais dans mes bras. Je pouvais donc téléporter des gens avec moi. La nouvelle aurait pu me ravir, si elle ne m’avait pas effrayé et surtout épuisé.. Je me sentais lourde, je me laissais retomber contre le mur.. comme abattue.

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